Sondage sur le programme Éthique et culture religieuse à l’UQAM

Stéphane Thibault >_

Vendredi dernier, j’ai reçu un courriel d’un ancien collègue (que je salue au passage) me signalant la présence d’un sondage sur le site de l’UQAM concernant le programme Éthique et culture religieuse (ÉCR). Dans le corps du message, la personne ayant lancé la chaîne écrivait alors : « Je crois que nous avons avantage à le faire circuler pour que les gens qui sont en faveur du programme puissent s’exprimer, car je soupçonne présentement qu’il circule surtout chez ceux qui sont contre […] ».

Je consulte donc rapidement le site en question, le site de nouvelles de l’UQAM, et je répond au sondage en me disant que je ferai circuler à mon tour l’information au cours du week-end. Eh bien deux jours plus tard, ledit sondage était bien sûr déjà clos…

11 janvier 2010

Êtes-vous en faveur du nouveau programme Éthique et culture religieuse offert aux élèves du primaire et du secondaire?

Non (84 %)
Oui (16 %)

Nombre de participants 1352

UQAM (2010). « Archives des sondages », en ligne, <http://www.nouvelles.uqam.ca/index.php?action=sondages>, consulté le 2009-10-17.

Il est toujours difficile de savoir quelles seront les suites d’un tel sondage, mais au cours de mes dix années d’implication étudiante auprès des instances de l’UQAM, j’ai appris que les personnes intéressées par les résultats de tels sondages, en apparence si anodins soient-ils, trouvent toujours le moyen d’en extraire le contenu hors de son contexte au moment opportun.

Je suis d’autant plus troublé que ceux d’entre vous qui me connaissez savez pertinemment que je suis sans conteste plus politisé que la moyenne des gens, que je siège sur le comité exécutif de la Société québécoise pour l’étude de la religion (SQÉR) depuis 2004, et que je suis chargé de cours (donc actif et présent…) cet hiver à l’UQAM. Malgré tout, il aura néanmoins fallu une chaîne de courriels transmise par l’intermédiaire d’un collègue que je n’ai pas vu depuis des années pour que l’information parvienne jusqu’à moi.

Peut-être ne suis-je plus représentatif aux yeux de l’UQAM de la « population générale » qu’elle désire sonder, ou peut-être aurais-je du aller au devant d’une information que plus d’un millier d’internautes avant moi auront su trouver… Peut-être n’est-ce qu’un sondage sans conséquence. Peut-être est-ce un indice probant qu’il reste encore beaucoup de travail à faire pour éduquer une population qui comprend mal les transformations sociales en cours, mais qui sait très bien où trouver les endroit où crier son mécontentement.

Peut-être que le technoreligiologue que je suis a fait un test rapide sur le nouveau sondage pour constater qu’il était très facile de voter à plus d’une reprise, ce qu’on ne vous dira probablement pas le jour où l’on décidera de citer les résultats de ce sondage hors contexte…