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Stéphane Thibault >_

Les âges sombres sont aussi marqués par les migrations de Grecs sur les côtes d’Anatolie, durant le XIe siècle, avec une répartition par dialectes : Éoliens au Nord, Ioniens au Centre, Doriens au Sud, qui s’applique également dans les grandes îles bordières : Lesbos est éolienne, Chios et Samos sont ioniennes, Rhodes est dorienne. C’est le premier grand mouvement colonial des Grecs, qui précède le mouvement plus vaste du VIIIe au VIe siècle, puis celui qui accompagne la conquête d’Alexandre le Grand. L’origine de ce mouvement migratoire est difficile à déterminer, d’autant qu’elle paraît correspondre à une période de recul de la population en Grèce, avec de petites localités non fortifiées ; c’est l’ancienne Smyrne qui, la première, reçoit une enceinte au milieu du IXe siècle. La disparition de l’écriture est aussi caractéristique de cette période.

Cabanes, Pierre (1992). Introduction à l’histoire de l’Antiquité, Paris, A. Colin, coll.  « Cursus. Histoire », p. 104.

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Au Xe siècle, Olympie est un sanctuaire modeste servant de lieu de rencontre en terrain « neutre » pour les dirigeants locaux de l’ouest du Péloponnèse, surtout messéniens. Au cours du VIIIe siècle, avec les nombreux sanctuaires qui accompagnèrent l’émergence de la cité, Olympie se transforma peu à peu en un site de célébration majeur, dépassant le cadre local pour devenir le lieu de convergence de toutes les cités. La date de 776 av. J.-C., généralement admise pour la fondation des « Jeux olympiques », relève du calcul d’un érudit du Ve siècle av. J.-C. et l’intensification de l’activité du site, révélée par la nette augmentation des offrandes […], pourrait effectivement refléter l’institution de concours athlétiques sur le site du sanctuaire au milieu du siècle.

[…]

Aux concours olympiques (en l’honneur de Zeus) et pythiques (en l’honneur d’Apollon) vinrent s’ajouter ceux de l’Isthme de Corinthe (en l’honneur de Poséidon) et ceux de Némée (en l’honneur de Zeus), qui constituèrent un cycle de quatre fêtes (périodos) où pouvaient successivement s’illustrer les athlètes de tout le monde grec.

Pirenne-Delforge, Vinciane (1999). « Deuxième partie. Religion grecque », dans Yves Lehmann (dir.), Religions de l’Antiquité, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Premier cycle », p. 125-126.

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Un critère différentiel dans le monde des dieux et des héros est largement exploité ; il apparaît dans les textes anciens, mais il fut exacerbé dans les théories modernes : les qualités « ouraniennes » ou « chtoniennes » des puissances et des honneurs qui leur sont rendus. Sont « ouraniens » — de οὐρανός [ouranos], le ciel — ou encore « olympiens » — car résidant sur le mont Olympe — les dieux auxquels sont destinés les rituels du même nom. Il s’agit, pour faire bref, de sacrifier (θύειν [thuein], ἱερεύειν [hiereuein]) sur des autels en élévation des animaux dont les parties consacrées aux dieux laissent échapper de la fumée et les odeurs qui leur sont destinées dans leur séjour céleste. Sont par contre « chtoniennes » — de χθών [kthôn], la terre — les divinités qui trouvent au plus profond de la terre la source de leurs pouvoirs, liés à la croissance de la végétation, mais en étroite relation aussi avec le monde des morts. À ces puissances infernales, auxquelles sont associés les défunts, héroïsés ou non, sont réservés les rituels sacrificiels qui voient la destruction des victimes (ἐναγίζειν [énagizein]) dans des fosses ou sur des foyers bas, et des libations, appelées χοαί [koai] et non σπονδαί [spondai] comme celles des dieux olympiens.

[…] [A]uraient dès lors été chtoniennes les puissances divines méditerranéennes originelles, et ouraniens les dieux des Indo-Européens. La réalité est bien plus complexe […]

Pirenne-Delforge, Vinciane (1999). « Deuxième partie. Religion grecque », dans Yves Lehmann (dir.), Religions de l’Antiquité, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Premier cycle », p. 100.

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