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Stéphane Thibault >_

La légende des origines à Rome, telle qu’elle nous est parvenue, s’est organisée à partir des Ve-IVe siècles av. J.-C., autour de trois thèmes principaux : le fondateur éponyme, Romulus ; la généalogie et les origines immédiates du fondateur, d’Énée au mythe des jumeaux ; la période royale et les débuts de la République.

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La vulgate de la légende qui a cours chez les Romains, à partir d’Auguste, dit généralement ceci : le prince troyen Énée, fils de Vénus et d’Anchise, fuyant Troie au moment de sa destruction, erre en Méditerranée avec quelques compagnons ; il aborde à Carthage où il est aimé de la reine Didon, puis part pour l’Italie ; il y épouse Lavinia, fille du roi Latinus, et fonde Lavinium. Ascagne, fils d’Énée, fonde Albe ; après lui, règnent douze rois albains en environ quatre cents ans.

Le dernier roi d’Albe, Amulius, règne après avoir détrôné son frère Numitor. Romulus, petit-fils de Numitor, fils de Rhéa Silvia et du dieu Mars, est nourri par une louve avec son jumeau Rémus ; il remet son grand-père sur le trône d’Albe, fonde Rome la troisième année de la sixième Olympiade (754-753 av. J.-C.), et tue son frère rival qui s’était moqué des rites de fondation. Après lui règnent sur Rome trois rois latino-sabins et trois rois étrusques, à raison d’environ trois par siècle. Le dernier roi, Tarquin le Superbe, est chassé de Rome par Brutus, deux cent quarante-quatre ou deux cent quarante-trois ans après la fondation, soit en 509 av. J.-C.

Arnaud-Lindet, Marie-Pierre (2005 [2001]). Histoire et politique à Rome, Les historiens romains IIIe siècle av. J.-C. – Ve siècle ap. J.-C., Paris, Bréal, coll. « Agora – Pocket », n° 285, p. 93-94.

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Nul ne semble mieux mériter le nom d’Indo-Européens que les « Italiques » qui s’établirent dans la péninsule au cours du deuxième millénaire, et parmi eux les Latins surtout. Leur langue a conservé, seule (et en commun) avec l’indo-iranien, bon nombre de mots désignant des faits de religion et d’organisation sociale : inséparables à haute époque. Ce conservatisme obstiné, au long de lents cheminements à travers des espaces immenses, se vérifiera facteur essentiel de l’évolution religieuse de Rome ; il justifie des hypothèses et des recherches qui peu à peu, même contestées ou retouchées, en éclairent certains aspects historiques : sur « l’unité italo-celtique », avant que les peuplades de même provenance et de même langue se fussent séparées pour gagner les unes l’Italie, les autres l’Europe atlantique ; sur « la tripartition fonctionnelle » qui, durablement attestée dans l’Inde par les classes (sacerdotale, militaire, productrice), aurait laissé plus que des traces, des témoignages de structure dans le culte et la légende des Latins.

Bayet, Jean (1999 [1956]). La religion romaine, Histoire politique et psychologique, Paris, Éd. Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », n° 360, p. 15.

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Une formule célèbre de Tite-Live (en V, 1, 6) présente le peuple étrusque comme le plus religieux qui soit au monde. L’historien augustéen traduit bien là l’impression que les anciens Toscans donnaient à ses contemporains, et l’intérêt que suscitait en eux la religion étrusque. De la part de Romains cela exprimait la reconnaissance d’une dette : autant Rome savait qu’elle devait beaucoup de ce qui constituait sa culture à la Grèce, autant elle s’estimait redevable de bien des traits de sa religion à l’Étrurie.

Briquel, Dominique (1999). « Première partie. La religion étrusque », dans Yves Lehmann (dir.), Religions de l’Antiquité, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Premier cycle », p. 7.

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La thèse autochtoniste s’appuie en effet en grande partie sur une théorie linguistique ingénieuse et solide mise en lumière il y a un quart de siècle [première moitié du 20e s.], et soutenue par des savants éminents : selon eux la langue étrusque serait la descendante directe d’une langue pré-indo-européenne parlée autrefois dans la plus grande partie du bassin méditerranéen. Les Étrusques, isolés par les poussées migratrices des peuples italiques auraient résisté à l’invasion linguistique, et subsisté comme une île au milieu des nouveaux parlers, de même que le basque moderne représente le vieil ibérique survivant à l’invasion latine.

Hus, Alain (1957). Les Étrusques, Peuple secret, Paris, Librairie Arthème Fayard, coll. « Les temps et les destins » p. 53-54.

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