L’Homme d’osier celte

Stéphane Thibault >_

L'Homme d'osier

« Certaines peuplades ont des mannequins de proportions colossales, faits d’osier tressé, qu’on remplit d’hommes vivants : on y met le feu, et les hommes sont la proie des flammes. »
César, Guerre des Gaules, VI, 16

« …ils construisaient aussi une représentation gigantesque de bois et de paille qu’ils brûlaient après l’avoir remplie de bétail et de toutes sortes de bêtes ainsi que d’être humains. »
Strabon, Géographie, IV, 4, 5

Au moins trois sources anciennes font référence à un type très particulier de meurtre rituel : un sacrifice par le feu où les victimes, enfermées dans un grand mannequin creux fait de paille ou d’osier, sont brûlées vives en offrande aux dieux. La cérémonie de l’Homme d’osier apparaît non seulement chez César et Strabon, mais aussi chez un commentateur de Lucain au IXe siècle.

Il est probable que Posidonius fut la source commune de César et Strabon. De même, le commentateur de Lucain dut avoir connaissance des deux premiers auteurs et regroupé leurs observations et celles de Lucain, quand il fait allusion aux trois dieux celtiques sauvages, Taranis, Esus et Teutatès, auxquels les sacrifices humains étaient étroitement associés […]. Le rite consistant à brûler des mannequins de paille (sans victimes, cette fois) s’est poursuivi jusqu’à une période récente dans les festivals de printemps de l’Europe post-païenne. En Allemagne, on brûlait des images d’« Homme Judas ».

Gravure du XIXe s. représentant un « Homme d’osier » que l’on remplit d’être humains destinés au sacrifice. À droite, un druide surveille l’opération, tandis que les victimes se lamentent sur leur sort.

Green, Miranda (2000 [1997]). Les druides, trad. de l’anglais par Claire Sorel, Paris, Éd. Errance, p. 75.