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Stéphane Thibault >_

The Celts. Rich Traditions and Ancient Myths

Source : Barnes & Noble

For 800 years, a proud, vibrant, richly imaginative warrior people swept ruthlessly across Europe. The ancient Greeks called them “ Keltoi ” and honored them as one of the great barbarian races. Follow their fascinating story from their earliest roots 2500 years ago through the flowering of their unique culture and their enduring heritage today, enhanced with stunning reconstructions of iron-age villages, dramatizations of major historical events and visits to modern Celtic lands. This fascinating look back at the legends and legacy of the Celtic heritage is underscored by the hauntingly beautiful music of Enya.

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Episode One
The Man with the Golden Shoes

Writer and narrator Frank Delaney takes us from the earliest remains of Celtic salt-miners in Austria, 2500 years ago, through the spread of their empire from Ireland to Hungary. Although the Celts were courageous, ruthless warriors armed with iron and mounted on horseback, their proud independence kept them from uniting against the disciplined military might of Rome.

BBC (2003 [1987]). The Celts. Rich Traditions and Ancient Myths, narration de Frank Delaney, DVD vidéo, deux disques, couleur, BBC Video, approx. 325 min.

Stéphane Thibault >_

L'Homme d'osier

« Certaines peuplades ont des mannequins de proportions colossales, faits d’osier tressé, qu’on remplit d’hommes vivants : on y met le feu, et les hommes sont la proie des flammes. »
César, Guerre des Gaules, VI, 16

« …ils construisaient aussi une représentation gigantesque de bois et de paille qu’ils brûlaient après l’avoir remplie de bétail et de toutes sortes de bêtes ainsi que d’être humains. »
Strabon, Géographie, IV, 4, 5

Au moins trois sources anciennes font référence à un type très particulier de meurtre rituel : un sacrifice par le feu où les victimes, enfermées dans un grand mannequin creux fait de paille ou d’osier, sont brûlées vives en offrande aux dieux. La cérémonie de l’Homme d’osier apparaît non seulement chez César et Strabon, mais aussi chez un commentateur de Lucain au IXe siècle.

Il est probable que Posidonius fut la source commune de César et Strabon. De même, le commentateur de Lucain dut avoir connaissance des deux premiers auteurs et regroupé leurs observations et celles de Lucain, quand il fait allusion aux trois dieux celtiques sauvages, Taranis, Esus et Teutatès, auxquels les sacrifices humains étaient étroitement associés […]. Le rite consistant à brûler des mannequins de paille (sans victimes, cette fois) s’est poursuivi jusqu’à une période récente dans les festivals de printemps de l’Europe post-païenne. En Allemagne, on brûlait des images d’« Homme Judas ».

Gravure du XIXe s. représentant un « Homme d’osier » que l’on remplit d’être humains destinés au sacrifice. À droite, un druide surveille l’opération, tandis que les victimes se lamentent sur leur sort.

Green, Miranda (2000 [1997]). Les druides, trad. de l’anglais par Claire Sorel, Paris, Éd. Errance, p. 75.

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À part leurs apparitions dans les textes mythiques, ceux d’Irlande en particulier, il semble que pendant le Moyen Âge on n’ait pas porté de véritable intérêt aux druides, notamment en Angleterre. Mais dès le début de la Renaissance, la redécouverte de la littérature classique conduisit à une approche nouvelle du passé historique et des druides qu’évoquaient les textes anciens.

[…]

Cet esprit curieux [John Aubrey (1626-1697)] fut le premier à établir un rapprochement entre les druides et le site de Stonehenge, et c’est alors que débuta un courant d’interprétations qui a persisté jusqu’à nos jours. Aubrey n’a jamais idéalisé les druides ni romancé leur existence, mais, en l’absence d’une longue perspective préhistorique, il a prétendu que puisque les sites de Stonehenge et d’Avebury ne dataient pas de l’époque romaine, ils étaient sûrement pré-romains, et parce que c’était manifestement des temples, ils devaient être druidiques.

[…]

William Stukeley, né en 1687, fut médecin dans le Lincolnshire avant d’entrer dans les ordres en 1729 et de devenir le vicaire de Stamford. Il fut influencé par l’oeuvre d’Aubrey et, comme lui, établit un rapport entre les druides et les monuments mégalithiques — dont nous savons maintenant qu’ils remontent à une période de plus de deux mille ans antérieure à l’apparition du clergé celtique. En 1724, il publia son Itinerarium Curiosum, compte rendu de ses voyages à travers la Grande-Bretagne sur une période de quatre ou cinq ans dans lequel il affirme que les tertres funéraires du Néolithique et de l’Âge du Bronze sont à relier aux Celtes ou aux druides. L’intérêt de Stukeley pour les mégalithes était soutenu par une passion égale pour la religion ancienne, et il chercha même à établir un lien entre l’Ancien Testament, les druides et le christianisme.

Green, Miranda (2000 [1997]). Les druides, trad. de l’anglais par Claire Sorel, Paris, Éd. Errance, p. 140-142.

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Dès le Ve siècle, l’Occident est à peu près entièrement celtisé, mais le dynamisme turbulent des Celtes les entraîne aussitôt vers d’autres conquêtes. Au début du IVe ils occupent l’Italie padane, y créant une nouvelle Gaule. La Gaule méridionale reçoit de nouveaux immigrants au IVe et au IIIe, les îles Britanniques et l’Espagne au IIIe. D’autres s’installèrent dans la vallée danubienne et jusqu’en Illyrie et en Thrace. Les bandes des Galates saccagèrent la Grèce au IIIe, avant de s’infléchir en Asie Mineure, où beaucoup se fixent définitivement en Galatie. À partir de 250, c’est au tour des Belges de conquérir tout le nord de la France et une partie de la Grande-Bretagne. À la fin de cette expansion, le Celtique comprend l’Allemagne jusqu’à l’Elbe, toute l’Europe moyenne de part et d’autre du Danube, les îles Britanniques, la France, l’Italie septentrionale, l’Espagne et le Portugal. La Scandinavie elle-même est toute pénétrée d’influences celtiques, dues en particulier aux importations d’oeuvres d’art. Aucun peuple de l’Europe n’est aussi puissant.

Dès le premier âge du Fer (époque de Hallstatt), la civilisation celtique s’était imprégnée profondément d’hellénisme, grâce à des relations établies depuis la Grèce par la voie danubienne, depuis l’Italie par les cols alpins, depuis Marseille par la vallée du Rhône. Le mouvement continue au second âge du Fer (époque de La Tène), surtout pendant les deux premières périodes (La Tène I : 450-250 et La Tène II : 250-100), où le monde celtique atteint son apogée. Un certain déclin se marque à La Tène III (Ier siècle). Les voies de pénétration restent les mêmes, mais l’expansion gauloise vers le Sud rend les contacts beaucoup plus aisés et féconds. Au reste la Celtique occidentale s’oriente de plus en plus vers la Méditerranée, et le sillon rhodanien, grande route de l’étain, retrouve, par-delà la coupure de l’époque classique, son importance de la période archaïque.

Lévêque, Pierre (1992 [1969]). Le monde hellénistique (Quatrième édition), Paris, Armand Colin, coll. « Agora », n° 230, p. 216-217.

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Les langues celtiques semblent avoir été parlées dans toute la région située au nord des Alpes, de l’Europe centrale jusqu’à l’Atlantique. Le cas des Alpes est plus complexe, bien qu’il soit certain que l’Italie du Nord ait été de langue celtique. La zone orientale de ces langues est également assez difficile à définir. Au nord, en Scandinavie, on dispose de très peu de preuves, mais c’est là qu’apparaîtront plus tard les langues germaniques. La distinction entre Gaulois et Germains aurait été mentionnée pour la première fois par les géographes antiques vers 70 avant J.-C., mais elle existait sans doute déjà auparavant [notre emphase].

Renfrew, Colin (1990 [1987]). L’énigme indo-européenne. Archéologie et langage, trad. de l’anglais par Michèle Miech-Chatenay, Paris, Champs-Flammarion, p. 266.

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Ils égorgèrent tous les mâles de la race entière, les vieillards comme les enfants ; puis les Gaulois burent le sang et mangèrent la chair des nouveaux-nés qu’ils venaient de massacrer… Toutes les femmes et les vierges qui avaient conservé une étincelle de dignité se suicidèrent aussitôt que la ville fut perdue ; celles qui survécurent furent soumises, par des actes de violence inutile, à toutes les formes d’outrage par des hommes aussi dénués de pitié qu’ils étaient dénués d’amour… Les autres devraient mourir de faim et de fatigue, après une interminable succession de sévices que leurs infligèrent les impitoyables barbares : elle s’accouplèrent avec les agonisants ; elles s’accouplèrent avec les morts.

Pausanias, Description de la Grèce, X, 22, 2, cité par Mitchell, 2004, p. 370.

Mitchell, Stephen (2004). « Les Galates : représentation et réalité », dans Andrew Erskine (dir.), Le Monde hellénistique, Espaces, sociétés, cultures 323-31 av. JC, ch. XXIV, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, p. 370.

Stéphane Thibault >_

Écrire un livre sur la religion des Celtes est une entreprise fort hasardeuse. Qu’y a-t-il à dire en fin de compte ? Cent pages suffiraient à présenter au lecteur ce que nous possédons comme sources littéraires et comme monuments. Le moyen le plus commode de s’acquitter de cette tâche serait de donner un rapide aperçu de ce que nous savons.

Mais le lecteur veut plus que ces faits nus, qui au fond ne signifient rien par eux-mêmes et ne satisfont pas. Il veut savoir quelles étaient les croyances des Celtes, comment ils se représentaient leurs dieux, ce qu’ils en attendaient, quel culte ils leur rendaient. Or, pour répondre dans une certaine mesure à ces questions, il faudrait un livre de six cent pages au moins. À propos de cette religion, en effet, presque chaque détail pose un problème et ces problèmes risquent de s’enchevêtrer à l’infini ; il faut donc d’une part examiner à fond les explications déjà données par d’autres auteurs, d’autre part appuyer ses propres opinions sur une démonstration serrée. […]

De Vries, Jan (1963 [1961]). La religion des Celtes, trad. de l’allemand Laurent Jospin, Paris, Payot, coll. « Bibliothèque historique — Les religions de l’humanité », p. 7.

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