La poésie scaldique

Stéphane Thibault >_

L’art poétique du vieux Nord ne reposait pas uniquement sur la stricte observation de règles métriques : tout aussi essentiel était l’utilisation élégante de métaphores et périphrases construites à l’aide d’un vocabulaire spécifique. Ce fut précisément afin de permettre aux jeunes poètes de son temps de maîtrise la technique des tournures périphrastiques (ou kenningar) tout en disposant d’un vaste de choix de vocables appropriés (ou heiti) que Snorri [1179-1241] rédigea la seconde partie de l’Edda, dont le nom est Skaldskaparmal (littéralement « Dits sur la poésie », et donc « Art poétique »).

Sturluson, Snorri (1991). L’Edda. Récits de mythologie nordique. trad. du vieil islandais, intro. et annotation par François-Xavier Dillmann, Paris, Gallimard — NRF, coll. « L’aube des peuples », p. 15-16.