REL1174

Stéphane Thibault >_

Nombres d’étudiants et étudiantes du REL1174 m’ont contacté par courriel cette semaine afin de savoir quand seront diffusés les résultats finaux.

Tel que je l’ai mentionné en classe lors du dernier cours, la date officielle du dépôt des notes était prévue pour le 5 mai dernier. Votre note finale devrait donc être disponible en ligne sous peu si ce n’est déjà le cas.

Je me suis toutefois absenté quelques temps de la ville après cette date, mais je passerai au Département de sciences des religions au cours de la journée de demain (vendredi 21 mai) afin de m’assurer que tout est en règle. Je tenterai ensuite de répondre à tous vos courriels dans les plus brefs délais et de procéder aux envois postaux à ceux et celles qui m’ont fourni une enveloppe à cet effet.

Je vous convie donc à encore un peu de patience, tout particulièrement si vous ne vous êtes pas présenté lors du dernier cours…

Stéphane Thibault >_

Comme il est dit dans l’Histoire des rois des Suédois et des Gots [de Johannes Magnus] au livre I chapitre 12, l’observation du chiffre 9 était particulièrement courante lors des sacrifices chez les Gots des temps anciens, sans doute parce que la philosophie pythagoricienne (qu’ils avaient apprise de Zamolxis et Diceneus) enseigne qu’en tout il faut préférer les nombres impairs. En effet, quoique chaque semaine et quotidiennement leurs dieux fissent l’objet de la plus haute vénération, ils leur apportaient chaque neuvième mois une offrande plus solennelle en consacrant neuf jours à accomplir les sacrifices avec des cérémonies respectueuses des règles et une grande dévotion. Lors de chacune de ces journées, ils sacrifiaient neuf sortes d’êtres vivants auxquels on ajoutait même des sacrifices humains. Après la fin de cette période de neuf jours, ils se rendaient depuis toutes les provinces du pays jusqu’au temple d’Uppsala, où les habitants de la région venaient en masse les rejoindre. Pendant neuf jours, on y abattait les animaux sacrificiels en l’honneur des dieux, près d’un autel, selon le nombre précité. L’être humain qui, par tirage au sort, avait été désigné pour être sacrifié était noyé vivant dans la source qui jaillissait près du lieu du sacrifice : s’il rendait l’âme facilement, les prêtres déclaraient que le sacrifice avait été couronné de succès. Dans ce cas, on ressortait immédiatement son corps pour aller le pendre dans le bois tout proche qu’ils considéraient comme sacré. Alors ils affirmaient qu’il avait été pris parmi les dieux. Pour cette raison, tous ceux qui quittaient la vie terrestre par le moyen d’un tel sacrifice s’estimaient certains d’obtenir le salut. Il advenait même que des rois fussent tirés au sort pour être sacrifiés de cette manière. Et puisqu’un tel sacrifice était considéré comme particulièrement favorable pour le royaume, le peuple tout entier escortait cette si noble victime jusqu’au trépas en se félicitant mutuellement. Ils étaient en effet convaincus que ceux qui périssaient dans de telles circonstances ne mouraient pas, mais que ceux-ci et eux-même se voyaient accorder l’immortalité. C’était ce qu’enseignaient Zamolxis, Zenta et Diceneus, comme Dion, Ablatius, Jordanes et Strabon et d’autres le racontent ; ces derniers affirmaient aussi que les Gots, à de nombreux égards, étaient profondément versés en matière de philosophie et avaient conçu l’idée de l’immortalité de l’âme, vu qu’ils estimaient qu’ils ne mouraient pas, mais que (d’après Hérodote, livre IV) ceux qui étaient décédés s’en allaient dans un pays meilleur régi selon eux par un dieu nommé Bleyxen. Sans revenir sur les agissements qui ont été décrits auparavant, ils avaient coutume d’envoyer un messager, tiré au sort parmi eux, ainsi qu’un bateau avec cinq rameurs, avec pour mission de persuader le dieu de leur accorder généreusement ce dont ils avaient besoin. Voici par quel moyen on expédiait ce messager : certains d’entre eux prenaient des lances pointées vers le haut, tandis que d’autres saisissaient par les mains et par les pieds la personne à envoyer et la jettaient sur des lances. Si elle expirait sur le coup, ils estimaient que le dieu était favorablement disposé étant donné qu’il avait bien accepté le messager, mais s’il en était autrement, ils accusaient le messager d’être un mauvais homme, indigne d’être chargé d’une mission auprès du dieu. Après avoir été tué en étant jeté sur les lances, son corps était confié aux profondeurs ténébreuses de l’océan par les soins des cinq rameurs. […] (Olaus Magnus [1490-1557], III, 7)

Olaus Magnus (2004). Histoire et description des peuples du Nord, trad. du latin et présenté par Jean-Marie Maillefer, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Les Classiques du Nord », p. 109-111.

Stéphane Thibault >_

Gangleri demanda : « Quelle fut l’origine ? Comment cela commença-t-il ? Et qu’y avait-il auparavant ? »

Le Très-Haut répondit : « Ainsi qu’il est dit dans la Voluspa :


C’était à l’origine des temps,
Alors que régnait le néant.
Ni sable, ni mer n’y avait,
Ni vagues glacées.
N’existait la terre,
Ni le ciel très haut.
Immense était l’abîme,
Mais nulle plante ne poussait. »

L’Égal du Très-Haut dit alors : « Ce fut à de nombreuses époques avant la création de la terre que Niflheim fut fait. En son centre se trouve la source appelée Hvergelmir et, de là, sourdent les rivières qui portent les noms suivants : Svol, Gunnthra, Fiorm, Fimbulthul, Slidr et Hrid, Slyg et Ylg, Vid, Leiptr ; et aussi Gioll, qui est la plus proche des grilles de Hel. »

Le Tiers dit aussi : « En tout premier lieu, il y eut cependant le monde qui est situé dans la partie méridionale et qui est appelé Muspell. Il est lumineux et très chaud, car cette région n’est que feu et flammes, aussi est-il inaccessible aux étrangers et à ceux qui n’y possèdent pas de domaines ancestraux. C’est là que réside l’être appelé Surt : il se tient à la frontière de ce pays afin de le défendre et il possède une épée ardente. À la fin du monde, il partira au combat, vaincra tous les dieux et incendiera le monde entier. Voici ce qui est dit dans la Voluspa :


Du sud s’avance Surt,
Le feu flambant à la main.
De l’épée jaillit
Le soleil des dieux des occis.
Les falaises s’effondrent,
Les femmes-trolls trébuchent.
Sur le sentier de Hel s’avancent les guerriers
Tandis que le ciel se déchire. »

(Gylfaginning, ch. IV)

Sturluson, Snorri (1991). L’Edda. Récits de mythologie nordique. trad. du vieil islandais, intro. et annotation par François-Xavier Dillmann, Paris, Gallimard — NRF, coll. « L’aube des peuples », p. 32-33.

Stéphane Thibault >_

Led Zeppelin III Album Cover

Led Zeppelin III

Ah…
Ah…

We come from the land of the ice and snow,
From the midnight sun where the hot springs blow.
Hammer of the gods will drive our ships to new land,
To fight the horde, sing and cry : Valhalla, I am coming !

On we sweep with threshing oar,
Our only goal will be the western shore.

Ah…
Ah…

We come from the land of the ice and snow,
From the midnight sun where the hot springs blow.
How soft your fields so green, can whisper tales of gore,
Of how we calmed the tides of war. We are young overlords.

On we sweep with threshing oar,
Our only goal will be the western shore.

So now you’d better stop and rebuild all your ruins,
For peace and trust can win the day despite of all your losing.

Led Zeppelin (1995 [1970]). « Immigrant Song », Led Zeppelin III, paroles et musique de Jimmy Page et Robert Plant, CD Audio, Atlantic Records, 2 min. 25 s.

Stéphane Thibault >_

En Islande, c’est-à-dire terra glacialis, qui, depuis les temps anciens et encore de nos jours, est soumise au royaume de Norvège, une loi stipule que celui qui a tué un animal nuisible doit recevoir, sur les fonds publics ou du bailli royal, une récompense déterminée d’après le degré de nuisance de la bête tuée et dûment exhibée. Il existe là-bas des corbeaux — il y en a aussi des blancs — qui se distinguent par un comportement plus sauvage qu’ailleurs : ils tuent des agneaux et des cochons de lait en fondant sur eux et en les déchirant avec leurs griffes. Pour se venger de ces ravages, les jeunes gens de ces contrées ont l’habitude de faire la chasse aux corbeaux dont ils abattent quantité avec leurs flèches. Ils ne conservent que les becs qu’ils attachent sur des ficelles pour les apporter comme preuves aux baillis qui leurs distribuent alors une généreuse récompense sous la forme de flèches correspondant au nombre de volatiles tués. Des dispositions similaires sont également observées dans toute la Scandinavie pour d’autres bêtes malfaisantes. Dans ce contexte, on peut signaler que les peaux des grands ours, en particulier des blancs, sont d’ordinaire étalées dans les églises sous les bancs d’autel afin que les prêtres ne prennent pas froid. […] (Olaus Magnus [1490-1557], IV, 15)

Olaus Magnus (2004). Histoire et description des peuples du Nord, trad. du latin et présenté par Jean-Marie Maillefer, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Les Classiques du Nord », p. 169.

Stéphane Thibault >_

Erik the Viking Director's Son's Cut

Erik the Viking — Director's Son's Cut

A hilarious all-star cast — including Tim Robbins and former Monty Pythoners Terry Jones and John Cleese — star in this inspired piece of lunacy marked by a “ funny script packed with typically weird and wonderful characters ” (Variety). Written and directed by Jones, Erik the Viking delivers that inimitable Python humor and “ consistently entertains ” (The New York Times) !

Ever since he accidentally killed a girl he was just getting to like, Erik (Robbins) has been moody. Fed up with the emptiness of life in the Dark Ages, he leads a quest to wake the gods and bring back the sun… and the girl, if she’ll have him. But along the way, Erik will have to face formidable obstacles, including a dragon with hay fever, tone-deaf islanders who love to sing, and a warlord (Cleese) who likes his ages dark and nasty !

The origin of the film

The film Erik the Viking is based on a children”s book of the same name that I [Terry Jones] wrote for my son Bill in 1984.

I’d written a book of fairy tales for my daughter Sally when she was five, so I thought I ought to do the same for Bill. But he said he wanted a continuous story, so I constructed a string of stories around the adventures of a band of Viking warriors who set off in search of the Land Where The Sun Goes At Night.

I’d read some of the Icelandic Sagas way back when we were making Monty Python the TV series (see Njall’s Saga in the third series), but I’d been surprised that they weren’t more full of magic and monsters. Instead they tend to be fascinating (but rather pedestrian) accounts of which family moved into which valley and who murdered who as a result. Scarcely any magic at all. So I decided to construct my own version of the Sagas — more in line with how I’d expected them to be.

The film doesn’t follow the stories in the book, although some do appear (in different forms), and the aim of Erik’s quest is no longer to find the Land Where The Sun Goes At Night. Instead, Erik is a Viking who is disillusioned with the life of raping and pillaging — “ Where does it get us ? ” he asks his grandfather.

He discovers that he is living in the Age of Ragnorok [sic], when Fenrir the Wolf has swallowed the sun. It is an axe-age, a sword-age, when brother will fight against brother until the world will finally be destroyed — unless he can cross the Bi-Frost [sic] the Rainbow Bridge, and go to Valhalla to wake the gods.

Jones, Terry (2007 [1989]). Erik the Viking. The Director’s Son’s Cut, DVD-Video, couleur, Beverly Hills, Erik the Viking Film Productions — Metro-Goldwyn-Mayer Studios Inc. — Twentieth Century Fox Home Entertainment, 79 minutes.

Stéphane Thibault >_

L’art poétique du vieux Nord ne reposait pas uniquement sur la stricte observation de règles métriques : tout aussi essentiel était l’utilisation élégante de métaphores et périphrases construites à l’aide d’un vocabulaire spécifique. Ce fut précisément afin de permettre aux jeunes poètes de son temps de maîtrise la technique des tournures périphrastiques (ou kenningar) tout en disposant d’un vaste de choix de vocables appropriés (ou heiti) que Snorri [1179-1241] rédigea la seconde partie de l’Edda, dont le nom est Skaldskaparmal (littéralement « Dits sur la poésie », et donc « Art poétique »).

Sturluson, Snorri (1991). L’Edda. Récits de mythologie nordique. trad. du vieil islandais, intro. et annotation par François-Xavier Dillmann, Paris, Gallimard — NRF, coll. « L’aube des peuples », p. 15-16.

Stéphane Thibault >_

28 février 1835. Publication du premier Kalevala ou Les vieilles chansons caréliennes du peuple finnois d’antan.

Les territoires de la Finlande actuelle sont devenus, vingt-cinq ans plus tôt, Grand-Duché de Russie après trois siècles passés aux marches du Royaume de Suède. Mais ce 28 février 1835, sans crier gare, l’auteur de la publication du Kalevala vient de hisser le peuple finnois au-delà de ses territoires et de sa mémoire même, à hauteur de l’humanité tout entière : la somme poétique qu’il a moissonnée auprès de ses obscurs frères de langue et de chants est sans précédent, et déjà cette première version du Kalevala, sans équivalent dans l’héritage de l’humanité, est par sa densité une contribution unique à la mémoire collective des hommes de tous temps.

Lönnrot, Elias (1991 [1849]). Le Kalevala, Épopée des Finnois, trad. du finnois, présenté et annoté par Gabriel Rebourcet, Paris, Gallimard — NRF, coll. « L’aube des peuples », t. I, p. 7.

Stéphane Thibault >_

Again and again the Kalevala has been described as the national heroic epic of the Finnish people, a description which, at least outside Finland, has tended to do the work a certain disservice by raising expectations that the reader is not likely to find fulfilled, regardless of what else he may find that is richly rewarding at a poetical, folkloristic, or ethnographic level. Any talk about a national heroic epic is bound to evoke thoughts of the Greek Iliad and Odyssey, the Old French Chanson de Roland, or the Middle High German Nibelungenlied, all of which possess a more or less unified and continuously moving plot with actors who are wealthy aristocratic warriors performing deeds of valor and displaying great personal resourcefulness and initiative, often, too, on a rather large stage. The Kalevala is really nothing like these. It is essentially a conflation and concatenation of a considerable number and variety of traditional songs, narrative, lyrics, and magic, sung by unlettered singers, male and female, living to a great extent in northern Karelia in the general vicinity of Archangel. These songs were collected in the field and ultimately edited into a book by Elias Lönnrot, M.D. (1802-1884), in two stages. The first version appeared in 1835 and is now known as the Old Kalevala ; it contained about half the material in the 1849 edition […]. For the many poems added to this 1849 Kalevala, now the canonical version, Dr. Lönnrot was indebted to a younger song-collector, David E. D. Europaeus (1820-1884).

Lönnrot, Elias (1963 [1849]). The Kalevala or Poems of the Kalevala District, trad., intro. et annexes par Francis Peabody Magoun Jr., Cambridge — Londres, Harvard University Press, p. xiii.