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Stéphane Thibault >_

Le 1 % le plus riche de la population canadienne a empoché près de 14 % des revenus nationaux en 2007. Leur part augmente depuis les années 1980.

Les Canadiens qui gagnent le mieux leur vie et qui représentent 1 % de la population du pays ont empoché près de 14 % des revenus déclarés en 2007, conclut une étude du Centre canadien des politiques alternatives, qui est basée sur les déclarations de revenus.

Ainsi, la part des revenus que ces « super riches » ramènent à la maison n’a cessé de croître à un rythme constant depuis le début des années 1980, pour atteindre 13,8 % en 2007.

Cela renverse une tendance qui a longtemps été observée durant la période d’après-guerre — soit au cours des années 1950, 1960 et 1970 — et pendant laquelle les revenus semblaient être répartis plus équitablement.

L’auteure de l’étude, l’économiste Armine Yalnizyan, a effectué sa recherche avec les données des déclarations de revenus compilées par le professeur d’économie Mike Veall, de l’Université McMaster, à Hamilton, en Ontario.

La part des revenus que les Canadiens les plus fortunés — 1 % de la population — ont gagnés par rapport aux revenus totaux déclarés a presque doublé entre la fin des années 1970 et 2007.

L’étude démontre en outre que les « super riches », le 0,1 % des individus les plus à l’aise financièrement, ont amassé leur fortune en accumulant leurs salaires, aidés en cela par un régime fiscal qui n’a pas suivi l’augmentation des bénéfices versés aux dirigeants d’entreprises.

C’est tout le contraire de ce qui se passait dans les années 1940, quand les personnes les plus riches étaient essentiellement des entrepreneurs qui faisaient fortune grâce aux revenus de leur compagnie, et non aux bénéfices décidés par un conseil d’administration et des actions.

PC (2010). « Les riches continuent de s’enrichir », Métro Montréal, édition du 2010-12-02, p. 13.

Stéphane Thibault >_

Erik the Viking Director's Son's Cut

Erik the Viking — Director's Son's Cut

A hilarious all-star cast — including Tim Robbins and former Monty Pythoners Terry Jones and John Cleese — star in this inspired piece of lunacy marked by a “ funny script packed with typically weird and wonderful characters ” (Variety). Written and directed by Jones, Erik the Viking delivers that inimitable Python humor and “ consistently entertains ” (The New York Times) !

Ever since he accidentally killed a girl he was just getting to like, Erik (Robbins) has been moody. Fed up with the emptiness of life in the Dark Ages, he leads a quest to wake the gods and bring back the sun… and the girl, if she’ll have him. But along the way, Erik will have to face formidable obstacles, including a dragon with hay fever, tone-deaf islanders who love to sing, and a warlord (Cleese) who likes his ages dark and nasty !

The origin of the film

The film Erik the Viking is based on a children”s book of the same name that I [Terry Jones] wrote for my son Bill in 1984.

I’d written a book of fairy tales for my daughter Sally when she was five, so I thought I ought to do the same for Bill. But he said he wanted a continuous story, so I constructed a string of stories around the adventures of a band of Viking warriors who set off in search of the Land Where The Sun Goes At Night.

I’d read some of the Icelandic Sagas way back when we were making Monty Python the TV series (see Njall’s Saga in the third series), but I’d been surprised that they weren’t more full of magic and monsters. Instead they tend to be fascinating (but rather pedestrian) accounts of which family moved into which valley and who murdered who as a result. Scarcely any magic at all. So I decided to construct my own version of the Sagas — more in line with how I’d expected them to be.

The film doesn’t follow the stories in the book, although some do appear (in different forms), and the aim of Erik’s quest is no longer to find the Land Where The Sun Goes At Night. Instead, Erik is a Viking who is disillusioned with the life of raping and pillaging — “ Where does it get us ? ” he asks his grandfather.

He discovers that he is living in the Age of Ragnorok [sic], when Fenrir the Wolf has swallowed the sun. It is an axe-age, a sword-age, when brother will fight against brother until the world will finally be destroyed — unless he can cross the Bi-Frost [sic] the Rainbow Bridge, and go to Valhalla to wake the gods.

Jones, Terry (2007 [1989]). Erik the Viking. The Director’s Son’s Cut, DVD-Video, couleur, Beverly Hills, Erik the Viking Film Productions — Metro-Goldwyn-Mayer Studios Inc. — Twentieth Century Fox Home Entertainment, 79 minutes.

Stéphane Thibault >_

Pour les auteurs grecs qui en ont parlé, les Goths étaient des « Scythes » : c’est le mot qu’ils utilisaient presque toujours pour les désigner. Le mot « Scythe » est très ancien ; il vient des Histoires d’Hérodote (écrites au Ve siècle av. J.-C.), qui traitaient du monde grec au temps des guerres médiques. Pour Hérodote, les Scythes étaient des Barbares étranges qui vivaient au nord de la mer Noire, dans ce qui est actuellement la Moldavie et l’Ukraine. Ils vivaient à cheval, mangeaient la viande crue, s’habillaient bizarrement et étaient fondamentalement étrangers, non seulement au monde grec mais même aux autres Barbares, plus proches du monde grec. Les historiens grecs, comme la plupart des autres auteurs grecs, étaient extrêmement respectueux des formes anciennes ; ils considéraient certains auteurs comme des canons, des modèles parfaits que les écrivains des époques ultérieures se devaient de suivre. Hérodote était l’un de ces auteurs canoniques et ses Histoires étaient régulièrement utilisées comme référence par les historiens grecs venus après lui. Dans la pratique, cela signifie que des auteurs qui ont écrit cinq cent ans ou mille ans après Hérodote parlaient du monde de leur époque exactement dans la même langue, avec exactement le même vocabulaire qu’Hérodote tant de siècles auparavant.

Pour les auteurs grecs des IIIe, IVe et Ve siècles apr. J.-C. [sic], les Barbares venant des régions où Hérodote avait situé les Scythes étaient eux-mêmes, très concrètement, des Scythes. Ce n’était pas seulement qu’une langue pseudo-classique attribuait un nom ancien à une population nouvelle ; les Grecs et les Romains appartenant au monde civilisé de l’Empire croyaient vraiment en un type éternel de barbare, immuable pour l’essentiel, quel que fût le nom spécifique attribué à une tribu donnée à un moment donné. C’est pourquoi les Goths, lorsqu’ils apparaissent pour la première fois dans nos sources écrites, sont des Scythes : ils vivaient sur le territoire qu’avaient autrefois occupé les Scythes ; ils étaient l’image inversée parce que barbare du monde grec civilisé, tout comme l’avaient été les Scythes ; ils étaient donc eux aussi des Scythes.

Kulikowski, Michael (2009 [2007]). Rome et les Goths. IIIe-Ve siècle, invasions et intégration, trad. de l’anglais par Marie-Anne de Kisch et Yves de Kisch, Paris, Éditions Autrement, coll. « Mémoires/Histoire », n° 149, p. 25-28.