Archives for the tag “ Anthropology ”

Stéphane Thibault >_

It was widely known or supposed in the 19th century that Finno-Ugrians were Mongolians. Christoph Meiners (1747-1810) had classified humanity as beautiful or ugly peoples (“ schöne ”, “ hässliche ”). White people were beautiful, dark people were ugly. Of old, non-Europeans had been regarded as unattractive. Their character had also been considered with the ugliness of the body. According to Meiners they — the Mongol race for instance — were greedy, shameless, irritable and suffering from lack of compassion, while Caucasians were courageous and moderate. Both Blumenbach and Meiners thought that the climate had determined the quality of body and character but the ideal racial types of their age were in any case ready formulated. Mongols were in general considered in the first place as practical and less adapted for intellectual activities.

In the middle of the 19th century some men of letters and many anthropologists began to represent the viewpoint that the so-called Aryan race was the most highly advanced race of mankind. This race was thought to include the Caucasian race, or most Europeans. The concept of Aryan expanded when the criterion became the Indo-European linguistic family, which began to be called “ Aryan ” in memory of the tribes who about 4000 years ago conquered the northern part of present-day India. In this classification the position of Semites was obscure. Sometimes they were counted among Caucasians and could be regarded as Aryans.

In some early groupings of mankind Finns had been of Caucasian origin, but in general Indo-Europeans and Finno-Ugrians were divided in different racial classes. They belonged to different language families, and Finno-Ugrian languages were still more often associated with Turkish and Mongolian or with the assumed Ural-Altaic language family.

The concept of Aryan included both a language group and a race. Speakers of Aryan (Indo-European) languages were considered to form a race. Before long the Aryan theory came to mean race discrimination. […]

Kemiläinen, Aira (1998). Finns in the Shadow of the “ Aryans ”. Race Theories and Racism, Helsinki, Suomen Historiallinen Seura (SHS), coll. « Studia Historica », n° 59, p. 82-83.

Stéphane Thibault >_

On raconte qu’Hercule aussi a été chez eux, et avant d’aller au combat ils le célèbrent comme le premier des héros. Ils ont aussi de ces chants qu’ils entonnent — c’est ce qu’ils appellent le bardit — pour enflammer leur courage et dont les accents mêmes leur font augurer l’issue du combat qu’ils vont engager ; car ils sont terribles ou ils tremblent selon qu’a retenti la ligne de bataille et pour eux ce ne sont pas tant des clameurs que l’unisson du courage. On recherche surtout la rudesse du son des éclats rauques, le bouclier placé devant la bouche afin que la voix, plus pleine et plus grave, s’enfle en y résonnant. Du reste, certains pensent qu’Ulysse aussi dans ces longues et merveilleuses erreurs, porté jusqu’en cet Océan, a rendu visite aux terres de Germanie et qu’Asciburgium, ville située au bord du Rhin et aujourd’hui encore habitée, fut par lui fondée et dénommée ; bien plus, un autel consacré par Ulysse et où l’on avait aussi gravé le nom de Laërte son père aurait été jadis découvert au même endroit ; des monuments et des tombeaux portant des caractères grecs existeraient encore aux confins de la Germanie et de la Rhétie. Je n’ai pas l’intention d’appuyer ces assertions de preuves, ni de les réfuter ; que chacun, selon sa guise, leur refuse ou leur donne sa créance (Germanie, III).

Tacite (1983 [1949]). La Germanie, texte établi et trad. par Jacques Perret, Paris, Les Belles Lettres, Collection des Universités de France, p. 71-72.

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The Celts. Rich Traditions and Ancient Myths

Source : Barnes & Noble

For 800 years, a proud, vibrant, richly imaginative warrior people swept ruthlessly across Europe. The ancient Greeks called them “ Keltoi ” and honored them as one of the great barbarian races. Follow their fascinating story from their earliest roots 2500 years ago through the flowering of their unique culture and their enduring heritage today, enhanced with stunning reconstructions of iron-age villages, dramatizations of major historical events and visits to modern Celtic lands. This fascinating look back at the legends and legacy of the Celtic heritage is underscored by the hauntingly beautiful music of Enya.

[…]

Episode One
The Man with the Golden Shoes

Writer and narrator Frank Delaney takes us from the earliest remains of Celtic salt-miners in Austria, 2500 years ago, through the spread of their empire from Ireland to Hungary. Although the Celts were courageous, ruthless warriors armed with iron and mounted on horseback, their proud independence kept them from uniting against the disciplined military might of Rome.

BBC (2003 [1987]). The Celts. Rich Traditions and Ancient Myths, narration de Frank Delaney, DVD vidéo, deux disques, couleur, BBC Video, approx. 325 min.

Stéphane Thibault >_

Tel que nous l’avons évoqué en classe en début de session, il est parfois de ces questions qui semblent, à prime abord, d’une simplicité désarmante, mais qui se révèlent en un second temps parmi les plus complexes auxquelles nous serons confrontés. Vous avez bien compris que je parle ici de la fameuse question : qu’est-ce que la religion ?

Je l’ai en effet mentionné à quelques reprises, le concept de religion fait partie de ces concepts que tous ont spontanément l’impression de comprendre jusqu’au moment d’en proposer une définition. Ceci m’apparaît une fois de plus confirmé par l’expérience en observant le choc culturel (entendre ici culture académique dans le cas présent) que certains d’entre-vous semblez vivre en assistant pour la première fois à un cours au Département de sciences des religions.

Pour ceux et celles qui désireraient en connaître un peu plus sur les diverses théories de la religion qui constituent l’appareil conceptuel de base du religiologue, j’aimerais vous proposer trois références bibliographiques où vous trouverez une présentation synthétique de quelques unes des grilles d’analyses principales du fait religieux.

Le Petit traité de la vraie religion

Ménard, Guy (1999). Petit traité de la vraie religion, À l’usage de ceux et celles qui souhaitent comprendre un peu mieux le vingt et unième siècle, Montréal, Liber, 234 p.

Professeur au Département de sciences des religions de l’UQAM, l’ouvrage de Guy Ménard s’est rapidement imposé comme l’incontournable introduction au phénomène religieux, tel qu’enseigné dans notre département. Parmi les thèmes abordés (extraits de la table des matières) :

  • La religion d’hier à demain
  • L’expérience du sacré
  • Le mythe, récit sacré
  • Le rite, mode d’emploi du sacré
  • Le sacré : interdit et transgression
  • Religion, ponts et pontifes
  • La fête, moment sacré
  • Sacré domestique et sacré sauvage
  • La religion dans la postmodernité
  • Religion et morale
  • En deça du bien et du mal
  • De quelques fantômes : Dieu, l’âme et le salut

Qu’est-ce que la religion ?

Trigano, Shmuel (2001). Qu’est-ce que la religion ?, La transcendance des sociologues, Mesnil-sur-l’Estrée (France), Flammarion, coll. « Essais », 335 p.

Parmi les thèmes abordés (extraits de la table des matières) :

  • Le mystère de la communauté, la démarche d’Émile Durkheim (1858-1917)
  • L’odyssée du sens, l’approche de Max Weber (1864-1920)
  • L’occultation superlative de la religion, Karl Marx (1818-1883)
  • L’illusion réelle, de la religion comme marché selon Pierre Bourdieu
  • L’ambivalence de la sociologie de la religion
  • Le mystère persistant de l’origine

Théories de la religion

Gisel, Pierre et Jean-Marc Tétaz (dir.) (2002). Théories de la religion, Genève, Labor et Fides, 416 p.

Parmi les thèmes abordés (extraits de la table des matières) :

  • Statut et forme d’une théorie de la religion (Jean-Marc Tétaz et Pierre Gisel)
  • Image de l’inconditionné. Éléments pour une théorie post-métaphysique de la religion à partir de Habermas et de Wittgenstein (Jean-Marc Tétaz)
  • Qu’est-ce que la religion (Ulrich Barth)
  • Rituel et religion (Michael Stausberg)
  • Religion civile : théorie universelle ou pratique américaine ? Perspectives critiques sur les débats actuels à propos de la pertinence de la « religion civile » (Helmut Zander)
  • Anthropologie religieuse. Frontières, infortunes et représentations (Carmen Bernand)
  • Phénoménologie de la religion comme théorie de la religion (Johann Figl)
  • Du salut à la santé. D’une pertinence des religions (Ilario Rossi)
  • La mémoire éclatée. À propos de quelques croyances relatives au mythe (Philippe Borgeaud)
  • Monothéisme en Israël et en Égypte. Relecture d’un héritage contrasté et controversé (Jan Assmann)
  • Sociologie de la religion (Volkhard Krech)
  • Quand la religion se mire dans la lorgnette du psychologue (Pierre-Yves Brandt)
  • Philosophie, théologie et science de la religion. Les « trois cultures » dans l’Europe chrétienne après les Lumières (Burkhard Gladigow)
  • La théologie dans le contexte de la science des religions. Compréhension de soi, méthodes et tâches de la théologie en relation avec la science des religions (Ingolf Dalferth)
  • La philosophie de la religion comme gardienne des limites transcendantales de l’homme. Plaidoyer pour une théologie critique (Raphaël Célis)
  • Sur le potentiel critique des religions dans l’espace européen (Jean-Marc Ferry)
  • Penser la religion aujourd’hui. Données et tâches à assumer à partir de la tradition théologique (Pierre Gisel)

Avec ces trois ouvrages en mains, ceux et celles d’entre-vous qui avez encore un peu de difficulté à identifier ce qui constitue une grille d’analyse, une approche, une méthode, etc., devriez avoir un bon tour d’horizon de l’outillage conceptuel du religiologue.