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Stéphane Thibault >_

À la lumière du descripteur officiel et en vous appuyant sur un minimum de trois exemples présentés en classe tirés de périodes ou d’aires culturelles différentes, expliquez ce que signifie le concept de religion dans l’expression : « Religions de l’Occident ancien ».

Longueur de l’essai : 2-3 p.
Date de remise : 15 avril

Stéphane Thibault >_

Pour les auteurs grecs qui en ont parlé, les Goths étaient des « Scythes » : c’est le mot qu’ils utilisaient presque toujours pour les désigner. Le mot « Scythe » est très ancien ; il vient des Histoires d’Hérodote (écrites au Ve siècle av. J.-C.), qui traitaient du monde grec au temps des guerres médiques. Pour Hérodote, les Scythes étaient des Barbares étranges qui vivaient au nord de la mer Noire, dans ce qui est actuellement la Moldavie et l’Ukraine. Ils vivaient à cheval, mangeaient la viande crue, s’habillaient bizarrement et étaient fondamentalement étrangers, non seulement au monde grec mais même aux autres Barbares, plus proches du monde grec. Les historiens grecs, comme la plupart des autres auteurs grecs, étaient extrêmement respectueux des formes anciennes ; ils considéraient certains auteurs comme des canons, des modèles parfaits que les écrivains des époques ultérieures se devaient de suivre. Hérodote était l’un de ces auteurs canoniques et ses Histoires étaient régulièrement utilisées comme référence par les historiens grecs venus après lui. Dans la pratique, cela signifie que des auteurs qui ont écrit cinq cent ans ou mille ans après Hérodote parlaient du monde de leur époque exactement dans la même langue, avec exactement le même vocabulaire qu’Hérodote tant de siècles auparavant.

Pour les auteurs grecs des IIIe, IVe et Ve siècles apr. J.-C. [sic], les Barbares venant des régions où Hérodote avait situé les Scythes étaient eux-mêmes, très concrètement, des Scythes. Ce n’était pas seulement qu’une langue pseudo-classique attribuait un nom ancien à une population nouvelle ; les Grecs et les Romains appartenant au monde civilisé de l’Empire croyaient vraiment en un type éternel de barbare, immuable pour l’essentiel, quel que fût le nom spécifique attribué à une tribu donnée à un moment donné. C’est pourquoi les Goths, lorsqu’ils apparaissent pour la première fois dans nos sources écrites, sont des Scythes : ils vivaient sur le territoire qu’avaient autrefois occupé les Scythes ; ils étaient l’image inversée parce que barbare du monde grec civilisé, tout comme l’avaient été les Scythes ; ils étaient donc eux aussi des Scythes.

Kulikowski, Michael (2009 [2007]). Rome et les Goths. IIIe-Ve siècle, invasions et intégration, trad. de l’anglais par Marie-Anne de Kisch et Yves de Kisch, Paris, Éditions Autrement, coll. « Mémoires/Histoire », n° 149, p. 25-28.

Stéphane Thibault >_

L’histoire est connue. Minos roi de Crète a une femme, Pasiphaé, qui s’éprend d’un taureau et engendre un monstre mi-homme mi-taureau, le Minotaure. Pour enfermer celui-ci l’architecte Dédale construit à Cnossos un labyrinthe dont il est presque impossible de sortir. Minos réclame chaque année en tribut aux Athéniens l’envoi de sept jeunes garçons et sept jeunes filles qui doivent être offerts au monstre. Thésée, le fils du roi d’Athènes Égée, s’embarque parmi eux et grâce aux conseils de la fille de Minos, Ariane, réussit à tuer le monstre et à ressortir vivant du labyrinthe. Ainsi finit la sujétion d’Athènes envers Minos.

Ceci est un récit mythique raconté à des fins d’explication et de légitimation. Dans ce cas, il s’agit de doter le héros Thésée, ancêtre des Athéniens, de tout un cycle d’exploits (le meurtre du Minotaure en est un parmi d’autres) pour qu’il rivalise en importance avec un autre héros fort célèbre, Héraclès, dont se réclament d’autres cités grecques à l’époque classique et en particulier Sparte. Il faut se détourner de l’utilisation directement historique des mythes, leur interprétation est beaucoup plus complexe, ils ne sont en tout cas pas des chroniques historiques. Et l’on peut fort bien reconnaître le caractère extraordinaire pour l’époque de la présence des Crétois hors de leur île sans pour autant parler d’empire.

Orrieux, C. et P. Schmitt-Pantel (1995). Histoire grecque, Paris, PUF, p. 24.