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Stéphane Thibault >_

Plus récemment, un certain nombre de savants ont pensé avoir trouvé l’origine du récit de Platon dans la Crète minoenne. Tout comme l’Atlantide, la Crète minoenne était une île, base d’une importante puissance navale, dont la civilisation avait atteint un haut niveau technique et qui connut une disparition brutale, au XVe siècle av. J.-C., alors même qu’elle était à son apogée.

Les résultats des fouilles entreprises notamment par sir Arthur Evans à Cnossos ont permis d’établir des parallèles entre quelques détails donnés par Platon sur l’Atlantide et certaines découvertes archéologiques concernant la Crète minoenne : une architecture brillante, un art très sophistiqué, un réseau de canalisations bien agencées, etc. L’association traditionnelle de la Crète avec le taureau se trouve notamment illustrée par les fresques représentant des acrobates exécutant des sauts périlleux en prenant appui sur les cornes de taureaux ; qui plus est, les coupes de Vapheio semblent représenter des scènes s’apparentant à celles qu’évoque le sacrifice d’un taureau par les rois Atlantes à la fin du Critias. Tout comme l’Atlantide, enfin, la Crète est une île montagneuse où on trouve au moins une grande plaine.

Mais, pour les savants qui favorisent l’hypothèse minoenne, le parallèle le plus important et le plus intéressant entre l’Atlantide et la Crète réside dans la nature et la cause de leur disparition.

Platon (1996 [1992]). Timée / Critias, trad., intro. et notes par Luc Brisson, collaboration de Michel Patillon pour la trad., Paris, Flammarion, coll. « GF-Flammarion », n° 618, p. 315-316.

Stéphane Thibault >_

L’histoire est connue. Minos roi de Crète a une femme, Pasiphaé, qui s’éprend d’un taureau et engendre un monstre mi-homme mi-taureau, le Minotaure. Pour enfermer celui-ci l’architecte Dédale construit à Cnossos un labyrinthe dont il est presque impossible de sortir. Minos réclame chaque année en tribut aux Athéniens l’envoi de sept jeunes garçons et sept jeunes filles qui doivent être offerts au monstre. Thésée, le fils du roi d’Athènes Égée, s’embarque parmi eux et grâce aux conseils de la fille de Minos, Ariane, réussit à tuer le monstre et à ressortir vivant du labyrinthe. Ainsi finit la sujétion d’Athènes envers Minos.

Ceci est un récit mythique raconté à des fins d’explication et de légitimation. Dans ce cas, il s’agit de doter le héros Thésée, ancêtre des Athéniens, de tout un cycle d’exploits (le meurtre du Minotaure en est un parmi d’autres) pour qu’il rivalise en importance avec un autre héros fort célèbre, Héraclès, dont se réclament d’autres cités grecques à l’époque classique et en particulier Sparte. Il faut se détourner de l’utilisation directement historique des mythes, leur interprétation est beaucoup plus complexe, ils ne sont en tout cas pas des chroniques historiques. Et l’on peut fort bien reconnaître le caractère extraordinaire pour l’époque de la présence des Crétois hors de leur île sans pour autant parler d’empire.

Orrieux, C. et P. Schmitt-Pantel (1995). Histoire grecque, Paris, PUF, p. 24.