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Stéphane Thibault >_

Les Tyrrhènes estimaient qu’une durée d’existence déterminée avait été assignée aux humains ou aux communautés qui les regroupaient. Pour les individus, ils professaient que leur vie s’organisait selon la base d’un cycle de douze hebdomades de sept ans chacune — dont on voit qu’il répond à des cycles cosmiques plus vastes, rythme de l’année, cours des planètes. Certes un homme pouvait vivre plus que quatre-vingt-quatre ans : à ce moment, peu charitablement, les haruspices disaient qu’il ne faisait que se survivre à lui-même, que son esprit l’avait quitté… Peuples et cités se voyaient également gratifiés d’un destin fixé une fois pour toutes. Celui-ci était compté en nombre de siècles : la durée de vie assignée au peuple étrusque aurait ainsi été de dix siècles. Mais ces siècles toscans n’avaient pas une durée fixe, ne représentaient pas l’échéance de cent ans que nous mettons sous ce terme. Il s’agissait de siècles dits « naturels », fondés sur la durée de vie de celui des habitants d’une cité ou des membres d’un peuple qui avait bénéficié de la vie la plus longue de sa génération à partir de la date de fondation de la cité ou du peuple.

Briquel, Dominique (1999). « Première partie. La religion étrusque », dans Yves Lehmann (dir.), Religions de l’Antiquité, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Premier cycle », p. 47-48.

Stéphane Thibault >_

Foie de Plaisance

Foie de Plaisance (Source à conf.)

On a précisément retrouvé à Plaisance, ville occupée au Ve siècle par les Étrusques, un foie de bronze très curieux, qui était une sorte d’aide-mémoire à l’usage des haruspices chargés de scruter ces entrailles : il est divisé sur l’une de ses faces en compartiments portant chacun le nom d’une divinité, et représente, selon la croyance de base de l’haruspicine, la projection minuscule de la topographie céleste où l’on plaçait la demeure des dieux ; si un signe insolite se manifeste dans l’une de ces cases, on en déduit qu’il représente un avertissement ou la volonté du dieu correspondant, qu’il ne s’agit plus dès lors que d’interpréter et de satisfaire.

On n’a pas manqué de signaler les rapports de ce foie étrusque avec les nombreux foies babyloniens en terre-cuite que les fouilles d’Orient nous ont livrés, non plus que la correspondance frappante entre le concept étrusque du foie conçu comme microcosme et celui, identique, qui est à la base de l’hépatoscopie babylonienne ; correspondance à la vérité si étonnante qu’elle ne peut s’expliquer que par une origine commune des deux sciences.

Hus, Alain (1957). Les Étrusques, Peuple secret, Paris, Librairie Arthème Fayard, coll. « Les temps et les destins », p. 47-48.

Foie de Plaisance