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Stéphane Thibault >_

Les Tyrrhènes estimaient qu’une durée d’existence déterminée avait été assignée aux humains ou aux communautés qui les regroupaient. Pour les individus, ils professaient que leur vie s’organisait selon la base d’un cycle de douze hebdomades de sept ans chacune — dont on voit qu’il répond à des cycles cosmiques plus vastes, rythme de l’année, cours des planètes. Certes un homme pouvait vivre plus que quatre-vingt-quatre ans : à ce moment, peu charitablement, les haruspices disaient qu’il ne faisait que se survivre à lui-même, que son esprit l’avait quitté… Peuples et cités se voyaient également gratifiés d’un destin fixé une fois pour toutes. Celui-ci était compté en nombre de siècles : la durée de vie assignée au peuple étrusque aurait ainsi été de dix siècles. Mais ces siècles toscans n’avaient pas une durée fixe, ne représentaient pas l’échéance de cent ans que nous mettons sous ce terme. Il s’agissait de siècles dits « naturels », fondés sur la durée de vie de celui des habitants d’une cité ou des membres d’un peuple qui avait bénéficié de la vie la plus longue de sa génération à partir de la date de fondation de la cité ou du peuple.

Briquel, Dominique (1999). « Première partie. La religion étrusque », dans Yves Lehmann (dir.), Religions de l’Antiquité, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Premier cycle », p. 47-48.

Stéphane Thibault >_

Des témoignages archéologiques nombreux révèlent l’existence d’habitats de l’âge du bronze moyen et récent à Rome, sur les monts Albains, à Préneste, etc., ce qui permet de reculer de quelques siècles le début des établissements humains sur le site de Rome, par rapport à la date traditionnelle de fondation, en 753 av. J.-C. ; les trouvailles de fragments de céramique de type mycénien le long des côtes tyrrhéniennes, à Ischia et dans l’Étrurie méridionale indiquent des contacts avec le monde égéen à l’époque des migrations héroïques dans le Latium ; elles donnent consistance aux navigations légendaires d’Ulysse, de Diomède et d’Énée en Occident. Aux VIIIe-VIIe siècles, des communautés latines s’épanouissent dans la plaine, à l’époque du développement de la civilisation villanovienne en Étrurie, qui correspond au début de la colonisation grecque en Campanie, et à la descente des Sabins le long de la vallée du Tibre. Au moment où l’incinération cède la place aux inhumations, dans des tombes à fosses parfois couvertes du tumulus, les centres albains semblent connaître une perte de vitalité (tradition de la destruction d’Albe la Longue par les Romains) et Rome fournit une documentation beaucoup plus riche que ses voisines.

Avec ses sept rois de 753 à 509, et spécialement à partir de l’avènement de la dynastique étrusque à la fin du VIIe siècle, Rome entre dans l’histoire ; de nombreuses coïncidences entre l’archéologie et l’histoire issue de la tradition littéraire ont conduit à prendre celle-ci davantage en considération […].

Cabanes, Pierre (1992). Introduction à l’histoire de l’Antiquité, Paris, A. Colin, coll.  « Cursus. Histoire », p. 112.

Stéphane Thibault >_

La légende des origines à Rome, telle qu’elle nous est parvenue, s’est organisée à partir des Ve-IVe siècles av. J.-C., autour de trois thèmes principaux : le fondateur éponyme, Romulus ; la généalogie et les origines immédiates du fondateur, d’Énée au mythe des jumeaux ; la période royale et les débuts de la République.

[…]

La vulgate de la légende qui a cours chez les Romains, à partir d’Auguste, dit généralement ceci : le prince troyen Énée, fils de Vénus et d’Anchise, fuyant Troie au moment de sa destruction, erre en Méditerranée avec quelques compagnons ; il aborde à Carthage où il est aimé de la reine Didon, puis part pour l’Italie ; il y épouse Lavinia, fille du roi Latinus, et fonde Lavinium. Ascagne, fils d’Énée, fonde Albe ; après lui, règnent douze rois albains en environ quatre cents ans.

Le dernier roi d’Albe, Amulius, règne après avoir détrôné son frère Numitor. Romulus, petit-fils de Numitor, fils de Rhéa Silvia et du dieu Mars, est nourri par une louve avec son jumeau Rémus ; il remet son grand-père sur le trône d’Albe, fonde Rome la troisième année de la sixième Olympiade (754-753 av. J.-C.), et tue son frère rival qui s’était moqué des rites de fondation. Après lui règnent sur Rome trois rois latino-sabins et trois rois étrusques, à raison d’environ trois par siècle. Le dernier roi, Tarquin le Superbe, est chassé de Rome par Brutus, deux cent quarante-quatre ou deux cent quarante-trois ans après la fondation, soit en 509 av. J.-C.

Arnaud-Lindet, Marie-Pierre (2005 [2001]). Histoire et politique à Rome, Les historiens romains IIIe siècle av. J.-C. – Ve siècle ap. J.-C., Paris, Bréal, coll. « Agora – Pocket », n° 285, p. 93-94.

Stéphane Thibault >_

Une formule célèbre de Tite-Live (en V, 1, 6) présente le peuple étrusque comme le plus religieux qui soit au monde. L’historien augustéen traduit bien là l’impression que les anciens Toscans donnaient à ses contemporains, et l’intérêt que suscitait en eux la religion étrusque. De la part de Romains cela exprimait la reconnaissance d’une dette : autant Rome savait qu’elle devait beaucoup de ce qui constituait sa culture à la Grèce, autant elle s’estimait redevable de bien des traits de sa religion à l’Étrurie.

Briquel, Dominique (1999). « Première partie. La religion étrusque », dans Yves Lehmann (dir.), Religions de l’Antiquité, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Premier cycle », p. 7.

Stéphane Thibault >_

La thèse autochtoniste s’appuie en effet en grande partie sur une théorie linguistique ingénieuse et solide mise en lumière il y a un quart de siècle [première moitié du 20e s.], et soutenue par des savants éminents : selon eux la langue étrusque serait la descendante directe d’une langue pré-indo-européenne parlée autrefois dans la plus grande partie du bassin méditerranéen. Les Étrusques, isolés par les poussées migratrices des peuples italiques auraient résisté à l’invasion linguistique, et subsisté comme une île au milieu des nouveaux parlers, de même que le basque moderne représente le vieil ibérique survivant à l’invasion latine.

Hus, Alain (1957). Les Étrusques, Peuple secret, Paris, Librairie Arthème Fayard, coll. « Les temps et les destins » p. 53-54.

Stéphane Thibault >_

Foie de Plaisance

Foie de Plaisance (Source à conf.)

On a précisément retrouvé à Plaisance, ville occupée au Ve siècle par les Étrusques, un foie de bronze très curieux, qui était une sorte d’aide-mémoire à l’usage des haruspices chargés de scruter ces entrailles : il est divisé sur l’une de ses faces en compartiments portant chacun le nom d’une divinité, et représente, selon la croyance de base de l’haruspicine, la projection minuscule de la topographie céleste où l’on plaçait la demeure des dieux ; si un signe insolite se manifeste dans l’une de ces cases, on en déduit qu’il représente un avertissement ou la volonté du dieu correspondant, qu’il ne s’agit plus dès lors que d’interpréter et de satisfaire.

On n’a pas manqué de signaler les rapports de ce foie étrusque avec les nombreux foies babyloniens en terre-cuite que les fouilles d’Orient nous ont livrés, non plus que la correspondance frappante entre le concept étrusque du foie conçu comme microcosme et celui, identique, qui est à la base de l’hépatoscopie babylonienne ; correspondance à la vérité si étonnante qu’elle ne peut s’expliquer que par une origine commune des deux sciences.

Hus, Alain (1957). Les Étrusques, Peuple secret, Paris, Librairie Arthème Fayard, coll. « Les temps et les destins », p. 47-48.

Foie de Plaisance