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Stéphane Thibault >_

[…] [L]e terme de Germains n’a pas reçu d’explication étymologique satisfaisante. On le trouve sous la plume d’écrivains grecs ou latins du Ier siècle avant J.-C. (dont César). Ce sont des peuples très divers dont l’unique trait commun tient à une communauté de langue et de coutumes, la « race germanique » étant elle aussi un mythe ! Les Germains ne sont donc jamais désignés sous ce nom, lequel semble faire référence aux voisins immédiats (c’est le sens de l’adjectif relatif germain dans l’expression « cousins germains »).

Guelpa, Patrick (2009 [1998]). Dieux & mythes nordiques, Villeneuve d’Ascq (France), Presses Universitaires du Septentrion, coll. « Savoirs mieux », p. 10.

Stéphane Thibault >_

De traduction en traduction et de récit de voyage en récit de voyage, ces conceptions captivèrent l’esprit de Kant, qui, modifiant la populaire théorie arctique et astronomique de Bailly plaçait les origines humaines au Tibet. « C’est le pays le plus élevé, raisonnait-il ; il fut sans doute habité antérieurement à tout autre, et il pourrait même avoir été le lieu de toute création et de toute science. Les connaissances des Indiens notamment proviennent presque certainement du Tibet, de même que tous nos arts semblent provenir de l’Inde, par exemple l’agriculture, les chiffres, le jeu d’échecs, etc.  » Ici, Kant s’exprimait sur le mode hypothétique ; mais il était moins prudent lorsqu’il se laissait tenter par les jeux étymologiques, rapprochant le manichéisme de la formule « O mani padme hum », et Abraham, de Brama.

Poliakov, Léon (1971). Le mythe aryen. Essai sur les sources du racisme et des nationalismes, Paris, Calmann-Lévy, p. 186.

Stéphane Thibault >_

J’ai évoqué l’importance, lors du premier cours, de nous assurer que nous parlions bien le même langage, le langage conceptuel constituant une part importante du « coffre à outils » du religiologue.

Au cours de la semaine, j’ai reçu un courriel qui m’incite aujourd’hui à préciser ce que j’entendais par les théories sur l’autochtonie de certains peuples que nous aborderons en cours de session, notamment les Étrusques, les Lapons, voire les Finlandais.

Le terme « autochtone » est ici à entendre en son sens premier, c’est-à-dire : « Originaire du pays qu’il habite » (Larousse). Vous devez donc prendre garde de ne pas confondre les peuples dits autochtones et les autochtones d’Amérique, les Amérindiens.

Dans le cadre du cours, il nous arrivera d’évoquer les « peuples de la terre » ou peut-être les divinités « chtoniennes ». Étymologiquement, « chton » renvoie au concept grec χθών [khthôn], qui signifie simplement la terre, le sol, et par extension le pays (voir Bailly).