Archives for the tag “ Germans ”

Stéphane Thibault >_

Erik the Viking Director's Son's Cut

Erik the Viking — Director's Son's Cut

A hilarious all-star cast — including Tim Robbins and former Monty Pythoners Terry Jones and John Cleese — star in this inspired piece of lunacy marked by a “ funny script packed with typically weird and wonderful characters ” (Variety). Written and directed by Jones, Erik the Viking delivers that inimitable Python humor and “ consistently entertains ” (The New York Times) !

Ever since he accidentally killed a girl he was just getting to like, Erik (Robbins) has been moody. Fed up with the emptiness of life in the Dark Ages, he leads a quest to wake the gods and bring back the sun… and the girl, if she’ll have him. But along the way, Erik will have to face formidable obstacles, including a dragon with hay fever, tone-deaf islanders who love to sing, and a warlord (Cleese) who likes his ages dark and nasty !

The origin of the film

The film Erik the Viking is based on a children”s book of the same name that I [Terry Jones] wrote for my son Bill in 1984.

I’d written a book of fairy tales for my daughter Sally when she was five, so I thought I ought to do the same for Bill. But he said he wanted a continuous story, so I constructed a string of stories around the adventures of a band of Viking warriors who set off in search of the Land Where The Sun Goes At Night.

I’d read some of the Icelandic Sagas way back when we were making Monty Python the TV series (see Njall’s Saga in the third series), but I’d been surprised that they weren’t more full of magic and monsters. Instead they tend to be fascinating (but rather pedestrian) accounts of which family moved into which valley and who murdered who as a result. Scarcely any magic at all. So I decided to construct my own version of the Sagas — more in line with how I’d expected them to be.

The film doesn’t follow the stories in the book, although some do appear (in different forms), and the aim of Erik’s quest is no longer to find the Land Where The Sun Goes At Night. Instead, Erik is a Viking who is disillusioned with the life of raping and pillaging — “ Where does it get us ? ” he asks his grandfather.

He discovers that he is living in the Age of Ragnorok [sic], when Fenrir the Wolf has swallowed the sun. It is an axe-age, a sword-age, when brother will fight against brother until the world will finally be destroyed — unless he can cross the Bi-Frost [sic] the Rainbow Bridge, and go to Valhalla to wake the gods.

Jones, Terry (2007 [1989]). Erik the Viking. The Director’s Son’s Cut, DVD-Video, couleur, Beverly Hills, Erik the Viking Film Productions — Metro-Goldwyn-Mayer Studios Inc. — Twentieth Century Fox Home Entertainment, 79 minutes.

Stéphane Thibault >_

Le chaos

Au début, avant que les cieux, la terre et la mer fussent créés, l’immense gouffre de Ginnungagap était informe et vide, et l’esprit de Fimbultyr s’est transporté vers l’abîme jusqu’à ce que des rivières glacées, s’écoulant de Niflheim, entrent en contact avec les flammes ardentes de Muspell. C’était avant le chaos.

Et le père universel a dit : que les gouttes de vapeur se changent en être vivant, et le géant Ymir est né au milieu de Ginnungagap. Il n’était pas un dieu, mais le père de toute la lignée des géants du mal. C’était le chaos.

Le cosmos

Et Fimbultyr a dit : que Ymir soit abattu, et que l’ordre soit rétabli. Et aussitôt Odin et ses frères, les brillants fils de Buri portèrent à Ymir une blessure mortelle, et de son corps ils façonnèrent l’univers : avec sa chair, la terre ; avec son sang, la mer ; avec ses os, les roches ; avec ses cheveux, les arbres ; avec son crâne, les voûtes du ciel, et avec ses cils, la forteresse de Midgard. Les dieux ont ensuite créé l’homme et la femme à leur image à partir du tronc de deux arbres, et ils leurs ont insufflé la vie. Askur et Embla sont devenus des êtres vivants, ils ont reçu pour résidence un jardin à Midgard pour eux et pour leurs enfants, et cela jusqu’à la fin du monde. C’était le cosmos.

La famille des dieux

Les dieux eux-mêmes vivaient dans l’Asgard. Certains d’entre eux appartenaient à la race puissante des Ases : le père universel Odin, et Frigg sa reine, Thor le détenteur de Mjölnir, Baldur le bon, Tyr le manchot, Bragi le forgeron, Idun aux pommes de jouvence, et Heimdall, le gardien d’Asgard. Les Vanes appartenaient à une autre lignée, aimable et douce : Njörd, Frey et Freyja, la déesse de l’amour. Mais au milieu de l’Asgard, en relation quotidienne avec les dieux, le serpent visqueux Loki, l’ami des géants, se contorsionnait.

Les Vikings offraient des sacrifices à ces dieux, leur adressaient leurs prières.

[L]a vie à Asgard

La plupart de ces dieux étaient vénérés sur les champs de bataille, terrain d’élection des Vikings ils espéraient y survivre, mais aussi y mourir un jour. Car si les nornes, personnifications du destin, leur permettaient de tomber l’épée à la main, ils ne descendaient pas jusqu’aux tréfonds de Hel. Ils étaient portés par les Valkyries jusqu’à Valhalle, où leur était insufflée une nouvelle vie et où, mieux encore, ils pouvaient poursuivre leur vie antérieure au contact des dieux. Les Ases faisaient leur bonheur de joyeuses ripailles où l’hydromel coulait à flot des cornes et où s’échangeaient paroles de sagesse et traits d’esprit. Ou alors ils se livraient à des jeux martiaux avec à la main une lance ou une épée acérée. Ils tenaient conseil sous le frêne Yggdrasil et s’ils se risquaient hors des murs de l’Asgard, c’était l’appel de l’amour ou pour livrer bataille aux géants, leurs ennemis depuis l’origine.

Les dieux au ciel vivaient de façon analogue à leurs adorateurs sur la terre, à cette différence près que les pommes de jouvence leur garantissaient une éternelle jeunesse.

La fin de l’innocence

Mais Loki, le serpent, était parmi eux. De sombres présages attristaient le coeur de Frigg, la mère de Baldur, son fils bien aimé. Son esprit ne fut pas en repos avant qu’elle n’ait obtenu de tous ceux qui auraient pu lui faire du mal la promesse de n’en rien faire. Baldur le bon, alors qu’il n’avait plus rien à craindre, et c’est avec insouciance qu’il accepta de servir de cible tandis que les dieux lui lançaient des javelots, des pierres et d’autres armes dont aucune n’atteignait son but. Mais le serpent Loki était plus subtil que toute autre créature créée par Fimbultyr à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Asgard. Il alla trouver Höd, le dieu aveugle, plaça entre ses mains du gui, dirigea son bras et Baldur périt, quitta les joies de Valhalle pour la blême Hel, et ne s’en retourna jamais. Loki fut ligoté et torturé, mais l’innocence première avait déserté l’Asgard. Des guerres sanglantes éclatèrent entre les hommes ; des frères tuèrent leurs frères ; [l]es péchés de la chair gangrenèrent la société des hommes ; le parjure prit la place de la vérité. Les éléments eux-mêmes furent affectés. C’est alors que survint l’hiver de trois ans Fimbulvetur, un blizzard et des tempêtes de neige qui ôtèrent toute joie au soleil.

Ragnarök

L’apocalypse approche. Tous les liens, toutes les chaînes qui unissent le ciel à la terre sont rompus, et les forces du bien et du mal s’engagent dans une guerre d’extermination réciproque. Loki s’avance avec le loup Fenrir et le serpent de Midgard, ses propres enfants, avec les géants et avec Surt, qui met le monde à feu et à sang. Odin s’avance avec les dieux et ses champions. Ils rencontrent leurs adversaires, combattent et tombent. Le loup avale Odin, mais Vidar le silencieux immobilise la mâchoire inférieure du monstre avec son pied, s’empare avec la main de l’autre mâchoire et lui arrache la gueule jusqu’à ce que mort s’en suive. Freyr se mesure à Surt, et des coups d’une violence inouïe sont échangés avant qu’il ne s’effondre. Loki et Heimdall se battent à mort, de même que Tyr et le chien Garm de la caverne de Gnipa. Thor abat le serpent de Midgard avec son marteau M[j]ölnir, mais tombe mort lui-même terrassé par le venin du serpent après avoir reculé de neuf pas seulement. La fumée enveloppa ensuite le frêne Yggdrasill, les flammes atteignirent les cieux, et les tombes des dieux, des géants et des hommes furent englouties dans la mer. La fin approchait. C’était Ragnarök, le crépuscule des dieux.

La terre émerge à nouveau

Mais l’aube radieuse succède à la nuit. La terre redevenue verte émerge à nouveau de l’océan. Là où des mouettes ne pouvaient trouver le moindre repos sur une mer déchaînée, de grasses prairies ni labourées ni semées s’offrent à présent au soleil et ondulent sous la brise. Les dieux s’éveillent à la vie, et Baldur les rejoint. Et voici le puissant Fimbultyr, celui qui traverse les éternités. Le dieu dont le poète de l’Edda n’a pas osé prononcer le nom. Le dieu des dieux se présente aux Ases. Le moment du grand jugement est arrivé. Il réunit tous les justes à Gimli pour y vivre à jamais en paix et dans la joie. Mais les parjures, les assassins et ceux qui sont coupables d’adultère devaient attendre jusqu’à ce qu’ils soient purgés du mal. C’est le temps de la regénération.

Telles sont les grandes lignes de la religion des vikings, et les lois établies par Odin à l’intention des hommes. Les Eddas islandaises les rapportent ainsi.

Fils et filles d’Odin

Nous transmettons ce livre aux hommes dans l’espoir qu’il puisse aider quelque fils ou fille d’Odin à frayer son chemin jusqu’aux fontaines d’Urd et de Mimir et jusqu’aux pommes de jouvence d’Idun. Le fils ne doit pas dissiper mais cultiver sagement ce que son père lui a légué. Il faut chérir, maintenir et faire fructifier ce que le passé nous a laissé. Le bien ainsi prospérera de génération en génération. Le passé est le miroir du futur.

Thorisson, Jón (1997). Les dieux vikings. Les plus belles pages de l’Edda de Snorri Sturluson, trad. de Gérard Lemarquis, illustrations de Lorenz Frölich, mise en couleurs par Eggert Pétursson, Reykjavík — Gotembourg — Oslo, Éd. Gudrun, p. 10-13.

Stéphane Thibault >_

[…] [L]e terme de Germains n’a pas reçu d’explication étymologique satisfaisante. On le trouve sous la plume d’écrivains grecs ou latins du Ier siècle avant J.-C. (dont César). Ce sont des peuples très divers dont l’unique trait commun tient à une communauté de langue et de coutumes, la « race germanique » étant elle aussi un mythe ! Les Germains ne sont donc jamais désignés sous ce nom, lequel semble faire référence aux voisins immédiats (c’est le sens de l’adjectif relatif germain dans l’expression « cousins germains »).

Guelpa, Patrick (2009 [1998]). Dieux & mythes nordiques, Villeneuve d’Ascq (France), Presses Universitaires du Septentrion, coll. « Savoirs mieux », p. 10.

Stéphane Thibault >_

On raconte qu’Hercule aussi a été chez eux, et avant d’aller au combat ils le célèbrent comme le premier des héros. Ils ont aussi de ces chants qu’ils entonnent — c’est ce qu’ils appellent le bardit — pour enflammer leur courage et dont les accents mêmes leur font augurer l’issue du combat qu’ils vont engager ; car ils sont terribles ou ils tremblent selon qu’a retenti la ligne de bataille et pour eux ce ne sont pas tant des clameurs que l’unisson du courage. On recherche surtout la rudesse du son des éclats rauques, le bouclier placé devant la bouche afin que la voix, plus pleine et plus grave, s’enfle en y résonnant. Du reste, certains pensent qu’Ulysse aussi dans ces longues et merveilleuses erreurs, porté jusqu’en cet Océan, a rendu visite aux terres de Germanie et qu’Asciburgium, ville située au bord du Rhin et aujourd’hui encore habitée, fut par lui fondée et dénommée ; bien plus, un autel consacré par Ulysse et où l’on avait aussi gravé le nom de Laërte son père aurait été jadis découvert au même endroit ; des monuments et des tombeaux portant des caractères grecs existeraient encore aux confins de la Germanie et de la Rhétie. Je n’ai pas l’intention d’appuyer ces assertions de preuves, ni de les réfuter ; que chacun, selon sa guise, leur refuse ou leur donne sa créance (Germanie, III).

Tacite (1983 [1949]). La Germanie, texte établi et trad. par Jacques Perret, Paris, Les Belles Lettres, Collection des Universités de France, p. 71-72.

Stéphane Thibault >_

Caesar, a political propagandist, not a trained ethnographer, uses three terms to refer to tribal groupings, namely “ Celts ”, also called “ Gauls ” in Latin, “ Germans ”, and “ Belgae ”, and any discussion of ethnicity involves us in trying to understand these terms. Caesar in the very first chapter of his work defines the German specifically as those “ who dwell across the Rhine ”, that is, east of the river, and seems to be trying to suggest as a result that the Rhine is a natural boundary. He also emphasizes the difference between the Celts and Germans, and insists upon the terror which the Germans inspire, “ by the huge size of their bodies, by their incredible courage and skill in arms ”. He argues, as it suits his political purpose, that if the Germans who had already invaded Gaul before he himself got there had not been checked and driven back across the Rhine where he claims they belonged, they might have overrun all Gaul and threatened Italy, “ as previously the Cimbri and Teutoni had done ”. The Cimbri and Teutoni had been turned back by Marius less than half a century before, so that there were Romans who could still remember the terror that they had inspired. It was a potential parallel.

[…]

Now if the cultural differences between Celts and Germans were as great as Caesar suggests, and if the Rhine indeed formed the ethnic frontier, we are entitled to expect corresponding differences in material culture to show up in the archaeological record, thus making the Rhine the archaeological frontier also. The fact is that they do not […]

[…]

The Belgae are either the key to the situation, or a confusing anomaly. […]

Wells, Colin (1996 [1995]). « Celts and Germans in the Rhineland », dans Miranda J. Green (dir.), The Celtic World, ch. 31, Routledge, Londres et New York, p. 606-607.

Stéphane Thibault >_

La Gaule, dans son ensemble, est divisée en trois parties, dont l’une est habitée par les Belges, l’autre par les Aquitains, la troisième par ceux qui dans leur propre langue se nomment Celtes, et, dans la nôtre, Gaulois. Tous ces peuples diffèrent entre eux par la langue, les coutumes, les lois. Les Gaulois sont séparés des Aquitains par le cours de la Garonne, des Belges par la Marne et la Seine. Les plus braves de tous ces peuples sont les Belges, parce qu’ils sont les plus éloignés de la civilisation et des moeurs raffinées de la Province, parce que les marchands vont très rarement chez eux et n’y importent pas ce qui est propre à amollir les coeurs, parce qu’ils sont les voisins des Germains qui habitent au-delà du Rhin et avec qui ils sont continuellement en guerre. Il en est de même des Helvètes, qui surpassent aussi en valeur le reste des Gaulois, parce qu’ils sont presque chaque jour aux prises avec les Germains, soit pour les empêcher de pénétrer sur leurs territoires, soit pour porter eux-mêmes la guerre dans leur pays (César, Guerre des Gaules, I, 1).

[…]

César demanda à ces députés quels étaient les peuples en armes, leur nombre et leurs forces ; il apprit « que la plupart des Belges étaient d’origine germaine ; qu’ils avaient jadis passé le Rhin, s’étaient fixés dans ces lieux à cause de la fertilité du sol, et en avaient chassé les habitants gaulois ; que seuls, du temps de nos pères, tandis que les Teutons et les Cimbres ravageaient toute la Gaule, ils les avaient empêchés d’entrer sur leurs territoires ; et que, par suite, ce souvenir leur inspirait une haute idée de leur importance et aussi de hautes prétentions militaires » (César, Guerre des Gaules, II, IV).

César (1964). La Guerre des Gaules, trad., préface, chronologie et notes par Maurice Rat, Paris, Garnier-Frères, coll. « GF Flammarion », n° 12, p. 13 ; 46.

Stéphane Thibault >_

Bogs also served as foci for metalwork deposits. This practice was not restricted to Celtic people, and features for example in Germanic cult […]. The Gundestrup Cauldron, widely seen as the quintessential “ Celtic ” cult artefact, was in fact found in a bog in Himmerland, Denmark […]. Human remains are mainly known from Germanic contexts, but sometimes occur in Britain and Ireland. The Lindow bog body (Lindow Moss, Cheshire) is a recent example. Dating of the body is problematic […], but radiocarbon dates from the most recent analysis cluster around the first century AD […]. Lindow man suffered a threefold death (by axe blows, garrotting and cutting of the throat). Whether or not he was a victim of human sacrifice […], this triplication suggests a death with ritual links. Where datable, however, British bog bodies are mainly of bronze age or Roman date […], and their ritual associations unclear. The extent to which such deposits represent an iron age ritual phenomenon is thus uncertain.

Webster, Jane (1996 [1995]). « Sanctuaries and sacred places », dans Miranda J. Green (dir.), The Celtic World, ch. 24, Routledge, Londres et New York, p. 450.

Stéphane Thibault >_

Les langues celtiques semblent avoir été parlées dans toute la région située au nord des Alpes, de l’Europe centrale jusqu’à l’Atlantique. Le cas des Alpes est plus complexe, bien qu’il soit certain que l’Italie du Nord ait été de langue celtique. La zone orientale de ces langues est également assez difficile à définir. Au nord, en Scandinavie, on dispose de très peu de preuves, mais c’est là qu’apparaîtront plus tard les langues germaniques. La distinction entre Gaulois et Germains aurait été mentionnée pour la première fois par les géographes antiques vers 70 avant J.-C., mais elle existait sans doute déjà auparavant [notre emphase].

Renfrew, Colin (1990 [1987]). L’énigme indo-européenne. Archéologie et langage, trad. de l’anglais par Michèle Miech-Chatenay, Paris, Champs-Flammarion, p. 266.