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Stéphane Thibault >_

Berlin | (AFP) L’Allemagne, qui se veut la patrie des penseurs et des poètes, est secouée par un scandale de vente de doctorats universitaires qui écorne l’image des facultés dans un pays très attaché à ces titres.

Une centaine de professeurs, en poste dans des universités à travers tout le pays, sont soupçonnés d’avoir touché des pots-de-vin pour délivrer de manière indulgente des titres de docteur à des étudiants en thèse. Le parquet de Cologne a ouvert une enquête pour déterminer dans quelle mesure ces professeurs ont été corrompus. « Il s’agit de professeurs honoraires enseignant dans tous les domaines, de la médecine au droit en passant par les sciences économiques et l’ingénierie », a précisé le procureur général de Cologne, Gunther Feld, dans l’hebdomadaire Focus.

Les facultés les plus prestigieuses sont touchées, comme celles de Leipzig, Iéna ou encore l’université libre de Berlin.

L’affaire, révélée ce week-end [août 2009] par Focus et confirmée par le parquet, est partie d’une perquisition dans les locaux d’une société privée à Bergisch-Gladbach, près de Cologne, qui servait d’intermédiaire entre les étudiants et les professeurs corrompus.

Une aide dispendieuse

Ces derniers ont touché quelque 6000 dollars de cette entreprise pour « aider » des doctorants à rédiger leur thèse puis obtenir leur titre de docteur. Les étudiants ont quant à eux payé jusqu’à 30 000 dollars à cette société. Alors que certains étudiants ont parfois de la difficulté à trouver des directeurs de thèse ou à faire leurs recherches, des « entreprises de conseil » se sont développées en proposant aux étudiants de les aider contre une forte rémunération.

La Fédération des facultés allemandes a menacé de retirer leur titre aux personnes ayant versé des pots-de-vin à leurs professeurs. « Faire la lumière dans cette affaire est dans l’intérêt des 25 000 doctorants qui obtiennent chaque année dans la légalité leur titre de docteur », a souligné Bernhard Kempen, président de cette Fédération.

Le journal de Montréal (2009). « Des étudiants achetaient leur doctorat », Le journal de Montréal, édition du 2009-08-27, p. 24.

Stéphane Thibault >_

On raconte qu’Hercule aussi a été chez eux, et avant d’aller au combat ils le célèbrent comme le premier des héros. Ils ont aussi de ces chants qu’ils entonnent — c’est ce qu’ils appellent le bardit — pour enflammer leur courage et dont les accents mêmes leur font augurer l’issue du combat qu’ils vont engager ; car ils sont terribles ou ils tremblent selon qu’a retenti la ligne de bataille et pour eux ce ne sont pas tant des clameurs que l’unisson du courage. On recherche surtout la rudesse du son des éclats rauques, le bouclier placé devant la bouche afin que la voix, plus pleine et plus grave, s’enfle en y résonnant. Du reste, certains pensent qu’Ulysse aussi dans ces longues et merveilleuses erreurs, porté jusqu’en cet Océan, a rendu visite aux terres de Germanie et qu’Asciburgium, ville située au bord du Rhin et aujourd’hui encore habitée, fut par lui fondée et dénommée ; bien plus, un autel consacré par Ulysse et où l’on avait aussi gravé le nom de Laërte son père aurait été jadis découvert au même endroit ; des monuments et des tombeaux portant des caractères grecs existeraient encore aux confins de la Germanie et de la Rhétie. Je n’ai pas l’intention d’appuyer ces assertions de preuves, ni de les réfuter ; que chacun, selon sa guise, leur refuse ou leur donne sa créance (Germanie, III).

Tacite (1983 [1949]). La Germanie, texte établi et trad. par Jacques Perret, Paris, Les Belles Lettres, Collection des Universités de France, p. 71-72.

Stéphane Thibault >_

On peut se demander, à observer ce duel explosif de la France et de l’Allemagne, ce que serait devenu le problème dorien si d’autres nationalités s’y étaient intéressées à la même époque. L’école anglaise, par exemple, hérite du schéma sans y porter une attention particulière, ni le mettre en doute dans ses grandes lignes. Les invasions doriennes font vite parties du stock considérable des idées reçues.

Le nazisme est l’aboutissement ultime de cette théorie de la race, déjà si bien constituée chez Müller [Karl Ottfried, auteur de Die Dorier, 1824]. Quelques mots pour situer les Doriens dans l’histoire nazie : tout y est clair et univoque ; l’esprit grec est dorien, et donc germanique, puisque issu de la même branche nordique de la race aryenne. Les invasions doriennes ont abouti à sauver la Grèce de la contamination asiatique et la quintessence des vertus grecques s’exprime plus que jamais dans le génie militaire du modèle spartiate [« Sparte, considérée à tort ou à raison comme le symbole du dorisme » (p. 44) (…)]. Le tout s’inscrit dans une théorie générale des migrations indo-européennes qui exalte jusqu’au délire la supériorité de l’élément germanique.

Schnapp-Gourbeillon, Annie (1986 [1982]). « L’invasion dorienne a-t-elle eu lieu ? », dans C. Mossé (dir.), La Grèce ancienne, Paris, Seuil, p. 46.