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Stéphane Thibault >_

Des témoignages archéologiques nombreux révèlent l’existence d’habitats de l’âge du bronze moyen et récent à Rome, sur les monts Albains, à Préneste, etc., ce qui permet de reculer de quelques siècles le début des établissements humains sur le site de Rome, par rapport à la date traditionnelle de fondation, en 753 av. J.-C. ; les trouvailles de fragments de céramique de type mycénien le long des côtes tyrrhéniennes, à Ischia et dans l’Étrurie méridionale indiquent des contacts avec le monde égéen à l’époque des migrations héroïques dans le Latium ; elles donnent consistance aux navigations légendaires d’Ulysse, de Diomède et d’Énée en Occident. Aux VIIIe-VIIe siècles, des communautés latines s’épanouissent dans la plaine, à l’époque du développement de la civilisation villanovienne en Étrurie, qui correspond au début de la colonisation grecque en Campanie, et à la descente des Sabins le long de la vallée du Tibre. Au moment où l’incinération cède la place aux inhumations, dans des tombes à fosses parfois couvertes du tumulus, les centres albains semblent connaître une perte de vitalité (tradition de la destruction d’Albe la Longue par les Romains) et Rome fournit une documentation beaucoup plus riche que ses voisines.

Avec ses sept rois de 753 à 509, et spécialement à partir de l’avènement de la dynastique étrusque à la fin du VIIe siècle, Rome entre dans l’histoire ; de nombreuses coïncidences entre l’archéologie et l’histoire issue de la tradition littéraire ont conduit à prendre celle-ci davantage en considération […].

Cabanes, Pierre (1992). Introduction à l’histoire de l’Antiquité, Paris, A. Colin, coll.  « Cursus. Histoire », p. 112.

Stéphane Thibault >_

La légende des origines à Rome, telle qu’elle nous est parvenue, s’est organisée à partir des Ve-IVe siècles av. J.-C., autour de trois thèmes principaux : le fondateur éponyme, Romulus ; la généalogie et les origines immédiates du fondateur, d’Énée au mythe des jumeaux ; la période royale et les débuts de la République.

[…]

La vulgate de la légende qui a cours chez les Romains, à partir d’Auguste, dit généralement ceci : le prince troyen Énée, fils de Vénus et d’Anchise, fuyant Troie au moment de sa destruction, erre en Méditerranée avec quelques compagnons ; il aborde à Carthage où il est aimé de la reine Didon, puis part pour l’Italie ; il y épouse Lavinia, fille du roi Latinus, et fonde Lavinium. Ascagne, fils d’Énée, fonde Albe ; après lui, règnent douze rois albains en environ quatre cents ans.

Le dernier roi d’Albe, Amulius, règne après avoir détrôné son frère Numitor. Romulus, petit-fils de Numitor, fils de Rhéa Silvia et du dieu Mars, est nourri par une louve avec son jumeau Rémus ; il remet son grand-père sur le trône d’Albe, fonde Rome la troisième année de la sixième Olympiade (754-753 av. J.-C.), et tue son frère rival qui s’était moqué des rites de fondation. Après lui règnent sur Rome trois rois latino-sabins et trois rois étrusques, à raison d’environ trois par siècle. Le dernier roi, Tarquin le Superbe, est chassé de Rome par Brutus, deux cent quarante-quatre ou deux cent quarante-trois ans après la fondation, soit en 509 av. J.-C.

Arnaud-Lindet, Marie-Pierre (2005 [2001]). Histoire et politique à Rome, Les historiens romains IIIe siècle av. J.-C. – Ve siècle ap. J.-C., Paris, Bréal, coll. « Agora – Pocket », n° 285, p. 93-94.