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Stéphane Thibault >_

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Le blog Drunk&Lampposts;, en la personne de Simon Raper, nous propose une visualisation tout à fait surprenante des relations d’influence entre philosophes référencés sur l’encyclopédie en ligne Wikipédia. Pegasus Data a obtenu de vous en fournir une traduction française (retrouvez l’article original)

Stéphane Thibault >_

Or, bien entendu, avec l’aide d’un dieu il nous est encore permis à nous, au cas où, d’aventure, il y aurait quelque chose de défectueux dans nos relations antérieures, d’y apporter des correctifs en actes et en paroles. En ce qui concerne la philosophie, je l’affirme en effet, l’opinion vraie que nous en aurons et le discours qui s’y rapportera seront meilleurs si nous avons une conduite convenable. Mais, si notre conduite est honteuse, ce sera le contraire. Or, nous ne pourrions certes rien faire de plus saint que de nous en préoccuper, ni de plus impie que de nous en désintéresser.

Platon, Lettre II, 311d-e

Platon (1997 [1987]). Lettres, trad., intro. et notes par Luc Brisson, Paris, Flammarion, coll. « GF-Flammarion », n° 466, p. 87.

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Plus récemment, un certain nombre de savants ont pensé avoir trouvé l’origine du récit de Platon dans la Crète minoenne. Tout comme l’Atlantide, la Crète minoenne était une île, base d’une importante puissance navale, dont la civilisation avait atteint un haut niveau technique et qui connut une disparition brutale, au XVe siècle av. J.-C., alors même qu’elle était à son apogée.

Les résultats des fouilles entreprises notamment par sir Arthur Evans à Cnossos ont permis d’établir des parallèles entre quelques détails donnés par Platon sur l’Atlantide et certaines découvertes archéologiques concernant la Crète minoenne : une architecture brillante, un art très sophistiqué, un réseau de canalisations bien agencées, etc. L’association traditionnelle de la Crète avec le taureau se trouve notamment illustrée par les fresques représentant des acrobates exécutant des sauts périlleux en prenant appui sur les cornes de taureaux ; qui plus est, les coupes de Vapheio semblent représenter des scènes s’apparentant à celles qu’évoque le sacrifice d’un taureau par les rois Atlantes à la fin du Critias. Tout comme l’Atlantide, enfin, la Crète est une île montagneuse où on trouve au moins une grande plaine.

Mais, pour les savants qui favorisent l’hypothèse minoenne, le parallèle le plus important et le plus intéressant entre l’Atlantide et la Crète réside dans la nature et la cause de leur disparition.

Platon (1996 [1992]). Timée / Critias, trad., intro. et notes par Luc Brisson, collaboration de Michel Patillon pour la trad., Paris, Flammarion, coll. « GF-Flammarion », n° 618, p. 315-316.

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Le projet de Platon qui veut décrire l’origine de l’univers, de l’homme et de la société, s’insère donc dans une tradition assez bien représentée en Grèce ancienne, tradition qui, par-delà ses « prédécesseurs », remonte aux poètes ; mais par un autre biais, il est incroyablement novateur.

Le « philosophe » qui veut décrire l’origine de l’univers, de l’homme et de la société se trouve aussi démuni que le poète, Hésiode par exemple, qui, dans sa Théogonie, commence par s’en remettre aux Muses pour savoir à quoi s’en tenir sur l’origine des dieux. À l’instar du poète, le philosophe tient alors un discours qui ne peut être déclaré ni vrai ni faux, dans la mesure où la référence de ce discours échappe à celui qui le tient ; tout naturellement il ne peut avoir été témoin de l’origine de l’humanité et encore moins celle de l’univers : or, ce type de discours, c’est le mythe.

Le mythe est avant tout un récit, c’est-à-dire un discours qui se déploie dans le temps et qui décrit ce que font non point des entités abstraites, mais des personnages qui présentent une identité individuelle plus ou moins marquée.

Platon (1996 [1992]). Timée / Critias, trad., intro. et notes par Luc Brisson, collaboration de Michel Patillon pour la trad., Paris, Flammarion, coll. « GF-Flammarion », n° 618, p. 10-11.

Stéphane Thibault >_

Déjà moribonde du fait de la désagrégation interne des cités, la religion poliade s’effondre avec leur écroulement politique. L’homme ne trouve plus à satisfaire ses aspirations vers l’au-delà dans le cadres des poleis : la meilleure dévotion ne peut plus être d’accomplir de son mieux son devoir de citoyen. La religion de collective se fait individuelle, comme il est naturel en un temps où partout triomphe l’individualisme.

Cette crise profonde engendre deux attitudes opposées. Beaucoup tombent dans le scepticisme, qui se développe non seulement dans certaines écoles philosophiques, mais aussi, semble-t-il, dans le populaire […]

Le culte nouveau de Tyché (la Fortune) est une forme déguisée du scepticisme. Cette déesse n’est en somme que la négation de la providence divine et la personnification du désordre et du fortuit qui semblent seuls désormais gouverner les affaires humaines, au milieu des vicissitudes d’événements chaotiques. […]

Mais la ferveur est dans l’ensemble beaucoup plus forte que le scepticisme. Elle éclate dans certaines philosophies comme le stoïcisme, témoin l’admirable Hymne à Zeus de Cléanthe d’Assos […]

Elle est plus forte encore dans la masse, écrasée par la crise sociale, heurtée par les vicissitudes d’une histoire tourmentée, arrachée à ses croyances traditionnelles, et qui ne peut se consoler qu’en parvenant aux sommets de la sagesse. La soif du salut se fait tourment. Elle ne trouve à s’apaiser que dans les cultes émotionnels, voire extatiques, qui procurent au fidèle un contact direct et personnel avec le dieu qu’il a choisi.

Lévêque, Pierre (1992 [1969]). Le monde hellénistique (Quatrième édition), Paris, Armand Colin, coll. « Agora », n° 230, p. 183-185.

Stéphane Thibault >_

Tel que nous l’avons évoqué en classe en début de session, il est parfois de ces questions qui semblent, à prime abord, d’une simplicité désarmante, mais qui se révèlent en un second temps parmi les plus complexes auxquelles nous serons confrontés. Vous avez bien compris que je parle ici de la fameuse question : qu’est-ce que la religion ?

Je l’ai en effet mentionné à quelques reprises, le concept de religion fait partie de ces concepts que tous ont spontanément l’impression de comprendre jusqu’au moment d’en proposer une définition. Ceci m’apparaît une fois de plus confirmé par l’expérience en observant le choc culturel (entendre ici culture académique dans le cas présent) que certains d’entre-vous semblez vivre en assistant pour la première fois à un cours au Département de sciences des religions.

Pour ceux et celles qui désireraient en connaître un peu plus sur les diverses théories de la religion qui constituent l’appareil conceptuel de base du religiologue, j’aimerais vous proposer trois références bibliographiques où vous trouverez une présentation synthétique de quelques unes des grilles d’analyses principales du fait religieux.

Le Petit traité de la vraie religion

Ménard, Guy (1999). Petit traité de la vraie religion, À l’usage de ceux et celles qui souhaitent comprendre un peu mieux le vingt et unième siècle, Montréal, Liber, 234 p.

Professeur au Département de sciences des religions de l’UQAM, l’ouvrage de Guy Ménard s’est rapidement imposé comme l’incontournable introduction au phénomène religieux, tel qu’enseigné dans notre département. Parmi les thèmes abordés (extraits de la table des matières) :

  • La religion d’hier à demain
  • L’expérience du sacré
  • Le mythe, récit sacré
  • Le rite, mode d’emploi du sacré
  • Le sacré : interdit et transgression
  • Religion, ponts et pontifes
  • La fête, moment sacré
  • Sacré domestique et sacré sauvage
  • La religion dans la postmodernité
  • Religion et morale
  • En deça du bien et du mal
  • De quelques fantômes : Dieu, l’âme et le salut

Qu’est-ce que la religion ?

Trigano, Shmuel (2001). Qu’est-ce que la religion ?, La transcendance des sociologues, Mesnil-sur-l’Estrée (France), Flammarion, coll. « Essais », 335 p.

Parmi les thèmes abordés (extraits de la table des matières) :

  • Le mystère de la communauté, la démarche d’Émile Durkheim (1858-1917)
  • L’odyssée du sens, l’approche de Max Weber (1864-1920)
  • L’occultation superlative de la religion, Karl Marx (1818-1883)
  • L’illusion réelle, de la religion comme marché selon Pierre Bourdieu
  • L’ambivalence de la sociologie de la religion
  • Le mystère persistant de l’origine

Théories de la religion

Gisel, Pierre et Jean-Marc Tétaz (dir.) (2002). Théories de la religion, Genève, Labor et Fides, 416 p.

Parmi les thèmes abordés (extraits de la table des matières) :

  • Statut et forme d’une théorie de la religion (Jean-Marc Tétaz et Pierre Gisel)
  • Image de l’inconditionné. Éléments pour une théorie post-métaphysique de la religion à partir de Habermas et de Wittgenstein (Jean-Marc Tétaz)
  • Qu’est-ce que la religion (Ulrich Barth)
  • Rituel et religion (Michael Stausberg)
  • Religion civile : théorie universelle ou pratique américaine ? Perspectives critiques sur les débats actuels à propos de la pertinence de la « religion civile » (Helmut Zander)
  • Anthropologie religieuse. Frontières, infortunes et représentations (Carmen Bernand)
  • Phénoménologie de la religion comme théorie de la religion (Johann Figl)
  • Du salut à la santé. D’une pertinence des religions (Ilario Rossi)
  • La mémoire éclatée. À propos de quelques croyances relatives au mythe (Philippe Borgeaud)
  • Monothéisme en Israël et en Égypte. Relecture d’un héritage contrasté et controversé (Jan Assmann)
  • Sociologie de la religion (Volkhard Krech)
  • Quand la religion se mire dans la lorgnette du psychologue (Pierre-Yves Brandt)
  • Philosophie, théologie et science de la religion. Les « trois cultures » dans l’Europe chrétienne après les Lumières (Burkhard Gladigow)
  • La théologie dans le contexte de la science des religions. Compréhension de soi, méthodes et tâches de la théologie en relation avec la science des religions (Ingolf Dalferth)
  • La philosophie de la religion comme gardienne des limites transcendantales de l’homme. Plaidoyer pour une théologie critique (Raphaël Célis)
  • Sur le potentiel critique des religions dans l’espace européen (Jean-Marc Ferry)
  • Penser la religion aujourd’hui. Données et tâches à assumer à partir de la tradition théologique (Pierre Gisel)

Avec ces trois ouvrages en mains, ceux et celles d’entre-vous qui avez encore un peu de difficulté à identifier ce qui constitue une grille d’analyse, une approche, une méthode, etc., devriez avoir un bon tour d’horizon de l’outillage conceptuel du religiologue.

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Pythagore est un héros légendaire de la Grèce : être inspiré et démoniaque*, il était considéré par certains comme un intermédiaire entre les dieux et les humains. Le pythagorisme est une secte religieuse vouée au culte de Dionysos, le dieu du vin et de tout ce qui célèbre le délire de l’âme. La secte cherchait, par des initiations secrètes, à purifier l’âme de ses adeptes. Pour les pythagoriciens, l’initiation aux sciences — et tout particulièrement à la science des nombres — purifiait l’âme des initiés. Le groupe connut une division entre une tendance plus religieuse et superstitieuse (les akousmatikoi) et une tendance plus philosophique (les mathèmatikoi). Cette division était une manifestation de l’opposition entre la pratique religieuse et la philosophie. Ces derniers s’appelaient d’ailleurs, pour la première fois, des philosophes : des amis de la sagesse. À la différence des acousmatiques, le philosophe voit dans l’initiation à la connaissance rationnelle des nombres un moyen de purifier son âme et de se rapprocher de la perfection divine.

Carrier, André, Pierre Després, Marie-Germaine Guiomar et Ginette Légaré (1995). Apologie de Socrate, Introduction à la philosophie, Anjou (Québec), Centre Éducatif et Culturel inc., coll. « Philosophies vivantes », p. 111.

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Les dialectes grecs se répartissent de la façon suivante :

  1. l’arcado-cypriote, qui comprend l’arcadien, le cypriote et le pamphylien et dont nous n’avons que des inscriptions.
  2. l’ionien-attique, qui comprend l’ionien d’Asie, l’ionien des îles et l’Attique [sic.]. C’est en Attique que s’expriment la plupart des grands prosateurs de l’époque classique (Thucydide, Platon, Xénophon, Isocrate, Lysias, Démosthène). Parmi les œuvres rédigées en ionien, on retiendra celle de l’historien Hérodote et celle du médecin Hippocrate.
  3. l’éolien, utilisé en Thessalie, en Béotie et dans l’île de Lesbos. C’est en lesbien que le poète Alcée et la poétesse Sappho ont rédigé leurs œuvres.
  4. le dorien, utilisé dans la plus grande partie du Péloponnèse, en Crète, dans le sud de l’Asie mineure (Halicarnasse, Cos), à Rhodes et en Grande-Grèce, notamment à Syracuse. L’une des plus grandes œuvres rédigées en dorien est celle du poète Pindare. Les Doriens représentent le dernier groupe des envahisseurs indo-européens : ce sont eux qui ont détruit la civilisation mycénienne et ont provoqué les migrations éoliennes et ionienne vers l’Asie mineure. Après leur passage, la Grèce continentale, plongée dans le chaos, connaît une éclipse de plusieurs siècles.

Au dorien se rattachent les parlers du nord-ouest : Phocide, Locride, Etolie, Epire [sic.].

Gravil, Jean-Louis et Claude Mauroy (1995). Le grec par les textes, 4e-3e et grands commençants : 1re année, avec la collaboration de Nicole Gravil, Baume-les-Dames (France), Magnard, p. 10.