Archives for the tag “ Poetry ”

Stéphane Thibault >_

L’art poétique du vieux Nord ne reposait pas uniquement sur la stricte observation de règles métriques : tout aussi essentiel était l’utilisation élégante de métaphores et périphrases construites à l’aide d’un vocabulaire spécifique. Ce fut précisément afin de permettre aux jeunes poètes de son temps de maîtrise la technique des tournures périphrastiques (ou kenningar) tout en disposant d’un vaste de choix de vocables appropriés (ou heiti) que Snorri [1179-1241] rédigea la seconde partie de l’Edda, dont le nom est Skaldskaparmal (littéralement « Dits sur la poésie », et donc « Art poétique »).

Sturluson, Snorri (1991). L’Edda. Récits de mythologie nordique. trad. du vieil islandais, intro. et annotation par François-Xavier Dillmann, Paris, Gallimard — NRF, coll. « L’aube des peuples », p. 15-16.

Stéphane Thibault >_

28 février 1835. Publication du premier Kalevala ou Les vieilles chansons caréliennes du peuple finnois d’antan.

Les territoires de la Finlande actuelle sont devenus, vingt-cinq ans plus tôt, Grand-Duché de Russie après trois siècles passés aux marches du Royaume de Suède. Mais ce 28 février 1835, sans crier gare, l’auteur de la publication du Kalevala vient de hisser le peuple finnois au-delà de ses territoires et de sa mémoire même, à hauteur de l’humanité tout entière : la somme poétique qu’il a moissonnée auprès de ses obscurs frères de langue et de chants est sans précédent, et déjà cette première version du Kalevala, sans équivalent dans l’héritage de l’humanité, est par sa densité une contribution unique à la mémoire collective des hommes de tous temps.

Lönnrot, Elias (1991 [1849]). Le Kalevala, Épopée des Finnois, trad. du finnois, présenté et annoté par Gabriel Rebourcet, Paris, Gallimard — NRF, coll. « L’aube des peuples », t. I, p. 7.

Stéphane Thibault >_

Again and again the Kalevala has been described as the national heroic epic of the Finnish people, a description which, at least outside Finland, has tended to do the work a certain disservice by raising expectations that the reader is not likely to find fulfilled, regardless of what else he may find that is richly rewarding at a poetical, folkloristic, or ethnographic level. Any talk about a national heroic epic is bound to evoke thoughts of the Greek Iliad and Odyssey, the Old French Chanson de Roland, or the Middle High German Nibelungenlied, all of which possess a more or less unified and continuously moving plot with actors who are wealthy aristocratic warriors performing deeds of valor and displaying great personal resourcefulness and initiative, often, too, on a rather large stage. The Kalevala is really nothing like these. It is essentially a conflation and concatenation of a considerable number and variety of traditional songs, narrative, lyrics, and magic, sung by unlettered singers, male and female, living to a great extent in northern Karelia in the general vicinity of Archangel. These songs were collected in the field and ultimately edited into a book by Elias Lönnrot, M.D. (1802-1884), in two stages. The first version appeared in 1835 and is now known as the Old Kalevala ; it contained about half the material in the 1849 edition […]. For the many poems added to this 1849 Kalevala, now the canonical version, Dr. Lönnrot was indebted to a younger song-collector, David E. D. Europaeus (1820-1884).

Lönnrot, Elias (1963 [1849]). The Kalevala or Poems of the Kalevala District, trad., intro. et annexes par Francis Peabody Magoun Jr., Cambridge — Londres, Harvard University Press, p. xiii.

Stéphane Thibault >_

Les dialectes grecs se répartissent de la façon suivante :

  1. l’arcado-cypriote, qui comprend l’arcadien, le cypriote et le pamphylien et dont nous n’avons que des inscriptions.
  2. l’ionien-attique, qui comprend l’ionien d’Asie, l’ionien des îles et l’Attique [sic.]. C’est en Attique que s’expriment la plupart des grands prosateurs de l’époque classique (Thucydide, Platon, Xénophon, Isocrate, Lysias, Démosthène). Parmi les œuvres rédigées en ionien, on retiendra celle de l’historien Hérodote et celle du médecin Hippocrate.
  3. l’éolien, utilisé en Thessalie, en Béotie et dans l’île de Lesbos. C’est en lesbien que le poète Alcée et la poétesse Sappho ont rédigé leurs œuvres.
  4. le dorien, utilisé dans la plus grande partie du Péloponnèse, en Crète, dans le sud de l’Asie mineure (Halicarnasse, Cos), à Rhodes et en Grande-Grèce, notamment à Syracuse. L’une des plus grandes œuvres rédigées en dorien est celle du poète Pindare. Les Doriens représentent le dernier groupe des envahisseurs indo-européens : ce sont eux qui ont détruit la civilisation mycénienne et ont provoqué les migrations éoliennes et ionienne vers l’Asie mineure. Après leur passage, la Grèce continentale, plongée dans le chaos, connaît une éclipse de plusieurs siècles.

Au dorien se rattachent les parlers du nord-ouest : Phocide, Locride, Etolie, Epire [sic.].

Gravil, Jean-Louis et Claude Mauroy (1995). Le grec par les textes, 4e-3e et grands commençants : 1re année, avec la collaboration de Nicole Gravil, Baume-les-Dames (France), Magnard, p. 10.